Si on lui demandait de choisir, il ne le pourrait pas. André Noirhomme est fan de toutes les formes d'énergie renouvelables. " Les énergies douces ", comme cet ingénieur préfère les appeler, il est tombé dedans avant tout le monde. Premier Belge à construire son éolienne dans les années 1970, il a appliqué toutes les méthodes de production d'énergie à son entreprise, Verlac. Devenue autosuffisante en 2003, celle-ci a remporté, en 2008, l' Energy award décerné par la Région wallonne aux entreprises vertes. Et elle revend aujourd'hui le surplus d'énergie produite.
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Si on lui demandait de choisir, il ne le pourrait pas. André Noirhomme est fan de toutes les formes d'énergie renouvelables. " Les énergies douces ", comme cet ingénieur préfère les appeler, il est tombé dedans avant tout le monde. Premier Belge à construire son éolienne dans les années 1970, il a appliqué toutes les méthodes de production d'énergie à son entreprise, Verlac. Devenue autosuffisante en 2003, celle-ci a remporté, en 2008, l' Energy award décerné par la Région wallonne aux entreprises vertes. Et elle revend aujourd'hui le surplus d'énergie produite. Et pourtant, tout avait mal commencé en 1978, lorsqu'il plante son éolienne de 12 mètres de hauteur dans la prairie voisine de sa maison, en province de Luxembourg. " Après quelques jours de fonctionnement, l'éolienne a explosé ", raconte André Noirhomme. L'ingénieur électromécanicien, enseignant à l'époque, ne se décourage pas. Rafistolée, son éolienne lui permet rapidement d'alimenter un chauffage électrique d'appoint, dont le filament rougit au gré du vent. Pas encore spectaculaire, mais prometteur. Lassé de l'enseignement, notre homme revend son éolienne et migre vers Alleur, où il reprend Verlac, une entreprise active dans la plastification de documents. L'ingénieur à la fibre écolo bien trempée met peu de temps à imprimer sa marque. Les vernis à base de solvants, particulièrement agressifs pour le personnel, sont abandonnés. Etape suivante, logique : s'attaquer à la consommation énergétique de l'entreprise. Méthodiquement, André Noirhomme passe en revue toutes les possibilités. Après avoir remplacé les machines vieillissantes par des engins plus performants, il investit dans un système de récupération d'eau chaude produite lors du démarrage de l'installation et dans l'isolation de ses bâtiments. Il retente ensuite l'expérience de l'éolienne, en visant plus haut cette fois. Il achète une éolienne de 330 kW, qui lui permettra de produire 550 000 kWh par an. Las, si la Région wallonne lui donne un accord de principe pour l'installer à côté de son entreprise, c'est finalement... Belgocontrol qui lui refuse son moulin à vent. Motif : trop proche de l'aéroport de Bierset ! Après avoir perdu un combat face aux habitants de Vielsalm - autre lieu possible d'implantation -, André Noirhomme plante finalement son éolienne à Theux. Il vend l'électricité produite à EDF Belgique, avant de la racheter au profit de son entreprise. Sans oublier au passage d'empocher quelques précieux certificats verts, eux aussi monnayés avec EDF. Sur sa lancée, Verlac remplace aussi ses chaudières à mazout par un centre de cogénération fonctionnant à l'huile de colza. Un produit fourni par les terres en jachère appartenant au frère d'André Noirhomme. Cerise sur le gâteau : en 2008, la société acquiert une série de " suiveurs solaires ", sortes de tournesols ornés de cellules photovoltaïques, qui se tournent vers le soleil comme leurs homologues végétaux. Aujourd'hui, André Noirhomme poursuit son doux rêve énergétique à plein temps. Il a revendu ses parts dans Verlac et se consacre intégralement à la production d'énergie douce, via sa nouvelle société, A+ Energies. Dans ses cartons : l'élargissement de son parc éolien, qui devrait quadrupler d'ici à 2010. G. Q.