L'épidémie recule partout en Europe. L'Espagne a vécu son premier jour sans décès lié au coronavirus depuis trois mois. Certains départements français n'enregistrent plus aucun nouveau cas positif. Et en Belgique, les chiffres sont même meilleurs qu'espérés. Une saisonnalité du virus plus importante que prévu et un risque de contamination moindre grâce au beau temps, qui favorise la vie au grand air et les espaces mieux ventilés, sont notamment avancés en guise d'explications par les experts. D'autres scientifiques pointent une immunité collective qui pourrait s'avérer plus élevée ...

L'épidémie recule partout en Europe. L'Espagne a vécu son premier jour sans décès lié au coronavirus depuis trois mois. Certains départements français n'enregistrent plus aucun nouveau cas positif. Et en Belgique, les chiffres sont même meilleurs qu'espérés. Une saisonnalité du virus plus importante que prévu et un risque de contamination moindre grâce au beau temps, qui favorise la vie au grand air et les espaces mieux ventilés, sont notamment avancés en guise d'explications par les experts. D'autres scientifiques pointent une immunité collective qui pourrait s'avérer plus élevée qu'estimé, grâce à une immunité croisée construite via d'autres coronavirus, comme un simple rhume. De là à crier victoire, il y a encore un pas que les experts ne franchissent pas. Les prochains jours seront en effet décisifs. Une frange de la population a déjà choisi de se déconfiner par elle-même, saturée d'une trop longue privation de liberté (lire page 14) ou noyée sous un flux d'informations parfois contradictoires. Multipliant par ce fait les gestes à risque. Et bien entendu, les mesures de déconfinement officielles sont, elles aussi, de plus en plus nombreuses. Depuis ce mardi 2 juin, les écoles ont rouvert les portes des classes maternelles avant celles des primaires lundi prochain. Une décision qui, une nouvelle fois, a fait couler beaucoup d'encre. Trop soudaine, pour les syndicats des enseignants. Justifiée par le risque limité de diffusion du virus par les enfants et leur besoin de contacts sociaux (lire page 8) par les pédiatres. Le déconfinement devrait se poursuivre. Réouverture des frontières, fin de la fameuse " règle des 4 ", précisions pour les secteurs sportifs et culturels. Et, surtout, la réouverture de l'Horeca pour lequel il y a urgence. On s'attend en effet à une hausse spectaculaire du nombre de faillites dans le secteur. Graydon, société spécialisée dans les statistiques sur les entreprises, avance le chiffre d'un établissement Horeca sur deux au bord de l'asphyxie financière. S'ils devaient rester fermés jusqu'à la fin de l'été, deux établissements sur trois seraient même menacés de faillite. Une série de " bonnes pratiques " ont été édictées fin mai à destination du secteur pour permettre aux restaurateurs, hôteliers et cafetiers d'accueillir leurs clients dans des conditions sanitaires adéquates. Sanitaires désinfectés, distance de 1 m 50, personnel masqué seront de rigueur. Mais aussi réservation obligatoire par mail, listing de clients pour les 14 jours à venir, fermeture à minuit... Pas de service au bar, ni de consommation debout. Des " bonnes pratiques " sévères et qui font craindre au secteur que le consommateur ne réponde pas présent. Ou pas suffisamment pour permettre un retour à la rentabilité. Or, on le sait, c'est de la demande qui viendra la relance.