Ce que je vais faire dans la journée va être influencé par ce que j'ai entendu à la radio le matin. " Si on voulait se montrer méchant avec Jean-Marc Nollet, voilà ce qu'on retiendrait du solide gaillard. Car on l'entend sur tout, on le voit partout, avec une conviction désarçonnante. Ici, il réclame la fin des parachutes dorés, dénonce les ficelles budgétaires, s'attaque à la fraude fiscale ; là, il casse " le PS au pouvoir absolu ", critique Joëlle Milquet, " qui ne connaît pas ses partenaires du CD&V ", raille Olivier Maingain " qui surjoue ". Certes, l'équipe Leterme lui offre chaque semaine des munitions, qui tombent toutes cuites dans sa besace d'emmerdeur. Mais, lorsque l'on gratte, fût-ce légèrement, on trouve le parlementaire, le vrai, celui dont le job consiste à représenter l'électeur.
...

Ce que je vais faire dans la journée va être influencé par ce que j'ai entendu à la radio le matin. " Si on voulait se montrer méchant avec Jean-Marc Nollet, voilà ce qu'on retiendrait du solide gaillard. Car on l'entend sur tout, on le voit partout, avec une conviction désarçonnante. Ici, il réclame la fin des parachutes dorés, dénonce les ficelles budgétaires, s'attaque à la fraude fiscale ; là, il casse " le PS au pouvoir absolu ", critique Joëlle Milquet, " qui ne connaît pas ses partenaires du CD&V ", raille Olivier Maingain " qui surjoue ". Certes, l'équipe Leterme lui offre chaque semaine des munitions, qui tombent toutes cuites dans sa besace d'emmerdeur. Mais, lorsque l'on gratte, fût-ce légèrement, on trouve le parlementaire, le vrai, celui dont le job consiste à représenter l'électeur. Oui, Jean-Marc Nollet, c'est d'abord un bosseur terrible, d'une efficacité redoutable, tout en ayant l'air naturel et spontané, face à la caméra. Grâce à une mémoire jamais prise en défaut, il ingurgite à la vitesse de l'éclair des dossiers franchement austères (le financement de l'école, le nucléaire, la fiscalité, les fonds de pension), qu'il maîtrise sur le bout des doigts. Bref, fou de travail, le député y consacre seize heures par jour, six jours sur sept. Quitte à faire de l'ombre aux autres (Isabelle Durant, pour ne pas la nommer). Il en tire une certaine jouissance, qu'il dissimule d'ailleurs assez mal. En 1999, après le triomphe d'Ecolo aux élections législatives, Jean-Marc Nollet est propulsé ministre de l'Enseignement fondamental. Au culot, à l'entendre. Quand Marcel Cheron a renoncé à monter au gouvernement et quand le peuple vert a demandé qui était candidat ministre, le militant s'est signalé. Il dit qu'il ne faut y voir aucun calcul. Il a suffi qu'il lève la main pour que l'affaire soit réglée en quarante-huit heures. Puis l'assemblée l'a élu. A l'époque, Jean-Marc Nollet n'est pas encore une " bête " politique. Pensez donc, le " jeune con ", comme le surnomme affectueusement son mentor, Jacky Morael, n'a que 29 ans ! Face à lui, des Hasquin, Hazette, de vieux lions rodés aux rapports de force. Surtout, il lui manque l'intuition et la patience. Ces deux faiblesses lui seront presque fatales. En 2000, le ministre débutant lance une charge contre les devoirs scolaires, qu'il veut limiter, voire bannir. A peine évoqué, le projet suscite des réactions passionnées. A l'origine, il s'agissait d'une idée louable : Nollet voit dans le travail à domicile une source de profondes inégalités entre les enfants. Au final, il en découle un décret absurde, fixant de manière floue le temps maximal consacré aux devoirs. Entre les deux, une grosse tempête a soufflé : il ne l'avait pas imaginée ni même vu venir. Ce faux décontracté balaie cet épisode, glisse tout aussi vite sur ses disputes avec son adversaire Pierre Hazette (MR), alors ministre de l'Enseignement secondaire. Il détourne l'attention vers ses succès (mise au tapis de " l'école des caïds ", refinancement de la Communauté française, dont une belle part pour l'enseignement)... En réalité, les chamailleries entre les deux rivaux ont bloqué de nombreux dossiers. L'expérience, en tout cas, va lui épaissir le cuir. Et lui apprendre qu'en politique la bonne foi ne suffit pas. " La bérézina de 2003 ( NDLR : en Wallonie, Ecolo est passé de 18,3 % des voix, en 1999, à 7,5 %, quatre ans plus tard) l'a converti au réalisme politique ", pointe un membre du parti. Y a-t-il perdu son âme au passage ? Certains l'estiment, exaspérés par le fort en gueule. Pour le volleyeur, cette défaite s'apparente à un smash violent, dur à encaisser. Jean-Marc Nollet, blessé, ne comprend pas pourquoi l'électeur s'est montré si ingrat. Il choisit alors de marcher sur des pistes qu'il ne voulait pas fréquenter jusque-là, celles du pragmatisme, de la communication, des réseaux constitués. Il se lie d'amitié avec des journalistes dans toutes les rédactions, qu'il n'hésite pas à " utiliser ". Il lâche une confidence, pour se raviser ensuite, quand il n'envoie pas un texto poli pour vous remercier de l'instant partagé (au demeurant, très sympathique). Autant d'armes de séduction massives qui vont lui servir. Il insiste : " Je ne la joue pas solo ! Il s'agit d'une stratégie collective. Chez Ecolo, il n'y a pas de clans. " Sans ce mouvement qui le porte, il n'est rien, affirme-t-il. D'ailleurs, il entretient d'excellents rapports avec Jean-Michel Javaux (en réalité, son vrai " rival ") et avec le député bruxellois Christos Doulkeridis. C'est ce dernier qui, un jour, " avoue " à Nollet que sa froideur et son arrogance passent mal. Le quadra ravale sa fierté et fait sienne la maxime de Morael : aller avec les gens. Il applique aussi cette autre maxime : " Se servir de sa tête". En pratique, Nollet n'hésite pas à se frotter à des durs à cuire, à trouver la faille chez ses adversaires, à chercher le raisonnement qui tue... Reste à gagner en self-control. Evidemment, son ascension - qui va de pair avec son goût du pouvoir - déplaît. Mais ce rôle de sale cabot reste indispensable. " Nous avons choisi de mener une opposition utile pour les citoyens. Nous avons fait voter la création d'une commission d'enquête sur la fraude fiscale. Nous avons forcé Leterme à venir s'exprimer sur la crise de BHV. Et nous continuerons. Ici, l'opposition devient, en soi, un véritable service public. "Animé sans aucun doute de nobles intentions, il n'a rien abdiqué de son rêve d'un monde meilleur. Pourquoi, au fait, le député hennuyer ne descend-il pas résolument dans l'arène carolo, où il mène le combat contre le PS de Van Cauwenberghe ? Charleroi effraierait-elle encore ceux qui visent une carrière nationale ? Soraya Ghali