La maison a été bâtie en 1937, période à laquelle l'architecture était fortement marquée par le mouvement de la Nouvelle Objectivité. Elle se veut donc plutôt moderniste. Après le départ, il y a une quinzaine d'années, des occupants d'origine, la demeure était restée à l'abandon. Conséquence : elle était rongée de fond en comble par la mérule. La bâtisse pourrissait de partout, mais elle était heureusement récupérable. Les anciens propriétaires n'avaient réalisé aucune transformation irréversible. Après une rénovation d'env...

La maison a été bâtie en 1937, période à laquelle l'architecture était fortement marquée par le mouvement de la Nouvelle Objectivité. Elle se veut donc plutôt moderniste. Après le départ, il y a une quinzaine d'années, des occupants d'origine, la demeure était restée à l'abandon. Conséquence : elle était rongée de fond en comble par la mérule. La bâtisse pourrissait de partout, mais elle était heureusement récupérable. Les anciens propriétaires n'avaient réalisé aucune transformation irréversible. Après une rénovation d'envergure menée en 2001, la demeure a retrouvé son caractère moderne, somptueux et pratique. Les architectes n'ont presque pas modifié le plan de base ni les pièces existantes. Il était évident que leur conception d'origine avait fait l'objet d'un soin particulier. Mais il a fallu éliminer toutes les boiseries, à chaque étage et sous les combles, pour les remplacer par des dalles de béton. En démolissant les châssis du côté ouest, une partie du revêtement de façade s'est effondrée. Il est apparu que les murs regorgeaient d'humidité. Il a donc été décidé, sans hésitation, de démonter le parement des autres façades. Fort heureusement, la maison avait été bâtie avec des murs creux, ce qui a permis de l'isoler avec des méthodes modernes après la démolition des murs de parement. L'intérieur de la maison a été presque entièrement démoli pour divers motifs, dont le principal était sans doute de mettre un terme à la prolifération de la mérule qui avait déjà causé beaucoup de dégâts. Même les châssis en bois étaient attaqués. Fort heureusement, comme il y avait une cave sous l'aile droite de la maison, le sous-sol y était en béton et la chape a donc formé une barrière contre la mérule envahissante. L'authentique escalier et la bibliothèque en bois de la salle de réception ont ainsi pu être sauvés de la destruction. Pour prévenir le développement de la mérule, la maison a ensuite été traitée de fond en comble par une firme spécialisée. Dans l'ancienne bibliothèque, il y a un authentique meuble en merisier. C'est quasi la seule pièce qui est sortie intacte de la période de dégradation. Au mur, un plan de la maison d'origine, datant de 1937, a été encadré. Outre le meuble, cette pièce se démarque aussi par ses fenêtres. Il est rare pour l'époque de voir des fenêtres d'angle sans pilier de soutènement pour étayer la construction au-dessus de la fenêtre. C'est à la fois moderne et intemporel. Autre élément exceptionnel, l'un des deux piliers en béton qui soutiennent le toit de la terrasse couverte n'a pas été placé dans l'angle. l Architectes : Nicole Van Heuverbeke et Stéphane Mertens. agnes mus