Docteure en sciences de l'éducation, Laurence De Cock redoute que nous soyons entrés " dans l'ère de la contre-démocratisation scolaire ". Son essai, Ecole (Anamosa, 96 p.), qu'elle signe dans la collection Le mot est faible, qui ambitionne de retrouver le sens des mots, est donc un plaidoyer pour " une école publique, démocratique, émancipatrice ". Ne l'est-elle plus ? " L'ajustement à la fois financier et politique aux directives européennes alimente la suspicion d'une école inféodée au marché ", note l'auteure. Elle en trouve l'illustration dans " le mythe de la méritocratie " et " son outil de base, la notation ", dans le recours croissant aux neurosciences selon le principe du " Quand on veut, on peut... puisque les cerveaux sont les mêmes " ; et dans " l'instrumentalisation néolibérale des pédagogies alternatives ". Laurence De Cock dénonce vigoureusement celles-ci, et singulièrement l'enseignement Montessori, " une marque, une étiquette permettant à une certaine bourgeoisie de brandir son refus de se soumettre aux règles de l'école républicaine inadaptée à ses enfants ". L'enseignement public reste, d'après Laurence De Cock, le meilleur instrument pour lutter contre " l'inégalité d'éducation ", même si sa mission relève d'un subtil équilibre, délicat à trouver. " A trop vouloir réduire l'école à son rôle de transmission des savoirs, on obère son rôle comme espace de socialisation politique ; mais à trop surinvestir l'école comme antichambre de la société, on oublie la puissance émancipatrice des savoirs. "