Son point commun avec la gemmothérapie (lire en pages 48 et 49) ? Nous pratiquons tous l'aromathérapie sans le savoir. Voici trois exemples parlants. Le fameux Baume du tigre qu'on applique pour soulager les douleurs musculaires et articulaires ou les rhumatismes, contient uniquement des huiles essentielles de giroflier, de menthe des champs et de gaulthérie couchée. Pour la petite histoire, signalons que c'est un Français vivant à Singapour il y a plus de cent ans qui a déniché ce baume chez un herboriste et l'a introduit en Europe. L'alcool de menthe Riclès, lui, est utilisé en période de fêtes. Sa composition, à base d'huile essentielle de menthe poivrée, fait des merveilles après un repas trop gras et trop copieux. Enfin, en hiver, en cas d'infections des bronches, de nez bouché et de sinusites, une bonne friction avec de la pommade Vicks (huiles essentielles d'eucalyptus, de camphrier et de menthe des champs) dégage les voies respiratoires et pulmonaires, ainsi que toute la zone ORL.
...

Son point commun avec la gemmothérapie (lire en pages 48 et 49) ? Nous pratiquons tous l'aromathérapie sans le savoir. Voici trois exemples parlants. Le fameux Baume du tigre qu'on applique pour soulager les douleurs musculaires et articulaires ou les rhumatismes, contient uniquement des huiles essentielles de giroflier, de menthe des champs et de gaulthérie couchée. Pour la petite histoire, signalons que c'est un Français vivant à Singapour il y a plus de cent ans qui a déniché ce baume chez un herboriste et l'a introduit en Europe. L'alcool de menthe Riclès, lui, est utilisé en période de fêtes. Sa composition, à base d'huile essentielle de menthe poivrée, fait des merveilles après un repas trop gras et trop copieux. Enfin, en hiver, en cas d'infections des bronches, de nez bouché et de sinusites, une bonne friction avec de la pommade Vicks (huiles essentielles d'eucalyptus, de camphrier et de menthe des champs) dégage les voies respiratoires et pulmonaires, ainsi que toute la zone ORL. " Les plantes aromatiques fabriquent toujours une essence : dans les fleurs, les feuilles, l'écorce, le bois, les fruits, les racines ou la sève, explique Dominique Baudoux, pharmacien aromatologue, auteur de L'aromathérapie (aux éditions Amyris). Sur un million d'espèces végétales, seulement un petit 5 % d'entre elles ont des structures glandulaires dédiées à la synthèse d'une essence aromatique. Parmi les plus connus, on peut citer la lavande, l'eucalyptus, le thym ou la menthe. Mais tout ce qui "sent" ne peut pas être considéré comme plante aromatique. Les plantes aromatiques donnent des aromates, des épices et des condiments très riches en essences. En les mélangeant à un aliment, on peut lui apporter saveur et odeur. L'essence éloignera aussi les bactéries et facilitera l'assimilation de l'aliment par l'organisme. Dans la choucroute, par exemple, la baie de genévrier et les clous de girofle vont contrecarrer les effets du chou sur la digestion. " Pour extraire l'essence, par exemple de l'eucalyptus, on distille les feuilles à la vapeur d'eau. On obtient ainsi de l'huile essentielle, un produit très concentré et très efficace dont la quantité est très variable selon les espèces. Un litre d'huile essentielle de lavande vraie ou officinale, nécessite 150 kilos de fleurs (sommités fleuries). En revanche, le lavandin (d'une qualité moindre) demande trois fois moins de fleurs. Et il ne faut que sept kilos de clous de girofle (bouton floral), pour obtenir un litre d'huile essentielle. Revenons à notre exemple d'eucalyptus. La distillation est effectuée dans une cuve remplie de feuilles où l'on fait passer de la vapeur d'eau à 90°C. L'essence, par définition très volatile, se transforme en état gazeux. Ensuite, on injecte le tout dans un système de tubulures baignant dans l'eau froide. La vapeur redevient liquide. L'essence, sous forme d'huile essentielle, va flotter sur la surface de l'eau. Ce procédé très simple aurait été inventé par les Chinois. C'est Avicenne, grand médecin arabe, qui l'a peaufiné vers l'an 1 000, en mettant au point l'alambic. " Les huiles essentielles doivent être 100 % naturelles, pures, authentiques, précise Dominique Baudoux. Elles sont capables de soigner toutes les maladies infectieuses, virales, bactériennes, parasitaires, mais aussi toute une série de symptômes inflammatoires et douloureux, les problèmes circulatoires, les troubles digestifs et neurologiques. On peut se prémunir et guérir de tout type de grippe. Une huile essentielle, c'est un médicament ! Pour des symptômes sérieux, le consommateur doit se tourner toutefois vers le pharmacien. L'aromathérapie peut être une médecine de substitution ou une médecine complémentaire, elle peut être combinée avec tout y compris les médicaments chimiques. " Il existe plus de 300 huiles essentielles et elles peuvent agir dans tous les domaines médicaux. Les best-sellers ? La lavande aspic, le Samu de l'aromathérapie, est très utile en cas de brûlures ou de piqûres de guêpe. La menthe poivrée est très efficace contre toute lourdeur ou difficulté digestive. C'est l'huile essentielle de la " gueule de bois " et un antidouleur que l'on peut utiliser localement sur des coups ou des chocs douloureux. L'immortelle a une action anti-hématome. Pour se procurer les huiles essentielles, une pharmacie ou une boutique bio sont les bonnes adresses. On est sûr de la qualité des produits et des conseils. Il faut éviter l'achat sur Internet. On peut trouver de bons produits, mais on n'a aucune garantie. L'aromathérapie demande toujours un conseil car il y a un risque par rapport à une mauvaise utilisation. L'huile essentielle est toujours pure, vendue sous forme liquide. Il est recommandé de l'utiliser à l'état dilué en la mélangeant avec une huile végétale. Les puristes disposent de toute une batterie d'huiles végétales qui ciblent les huiles essentielles précises. Les autres pourront se contenter d'huile d'amande douce ou d'abricot, considérées comme " standard ". Le consommateur lambda se posera évidemment la question que choisir : bourgeons, huiles essentielles, tisanes ou teintures-mères ? " Si les symptômes sont aigus, les bourgeons et les tisanes ne peuvent pas apporter la guérison par manque de concentration, conclut Dominique Baudoux. La gemmothérapie est au service de la prévention. L'aromathérapie, en revanche, soigne dans 80 % des cas le symptôme et non pas la cause. En cas de traumas, de nausées, de piqûres, de brûlures, d'infections ou de douleurs, on agit sur-le-champ. Il s'agit de thérapies très complémentaires. L'aromathérapie scientifique est une science jeune, elle n'a que 30 ans. Les décennies à venir apporteront énormément de connaissances en cette matière. " Barbara Witkowska