Nous sommes vus comme une bande de buveurs, fêtards, paresseux parce que la plupart des gens ont encore le service militaire de papa en tête et ne réalisent pas que l'armée a changé ", s'énerve Fanny, 24 ans, inscrite à la marine. " Depuis l'âge de 6 ans, elle rêve de se " sentir toute petite face aux éléments ". Son choix de vie n'a pourtant pas enchanté la famille de premier abord. Mais elle l'a soutenue dès qu'elle a passé les tests d'admission à l'Ecole royale militaire (ERM). " Sans cela tu ne tiens pas le coup à l'armée."
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Nous sommes vus comme une bande de buveurs, fêtards, paresseux parce que la plupart des gens ont encore le service militaire de papa en tête et ne réalisent pas que l'armée a changé ", s'énerve Fanny, 24 ans, inscrite à la marine. " Depuis l'âge de 6 ans, elle rêve de se " sentir toute petite face aux éléments ". Son choix de vie n'a pourtant pas enchanté la famille de premier abord. Mais elle l'a soutenue dès qu'elle a passé les tests d'admission à l'Ecole royale militaire (ERM). " Sans cela tu ne tiens pas le coup à l'armée."Aujourd'hui, les jeunes qui prennent la décision de s'engager le font en connaissance de cause. Ou en désespoir de cause. La Défense engage environ 1 300 personnes par an. L'armée garde un sérieux potentiel de rêves. Elle fait aussi office de seconde chance pour certains qui ont suivi un parcours scolaire chaotique, vécu une expérience peu convaincante avec le milieu civil ou encore découvert tardivement une vocation. Benoît, 27 ans, 1er soldat. Après avoir " goûté à la vie professionnelle dans le civil " en tant que couvreur, il réalise un rêve d'enfant et s'engage pour faire carrière. " J'avais envie de voir du pays et de découvrir d'autres cultures et manières de vivre dans certains pays où nous sommes présents en mission. Il y a aussi le côté "super-héros" : l'envie de porter un uniforme, de rouler en véhicule blindé, de pouvoir utiliser des armes ", admet-il. La cohésion, la fraternité, l'entraide... La solidarité est une valeur sûre du milieu militaire. Les jeunes invoquent l'ambiance particulière de l'armée. Fabien, 23 ans et en dernière année à l'ERM, confirme : " Les gens nous considèrent comme beaucoup plus soudés, car on fait plus de choses ensemble. "Face aux horreurs des conflits dans le monde ou plus près de chez nous, lors de la catastrophe de Ghislenghien par exemple, il faut pouvoir trouver certaines échappatoires. " L'humour est très présent. Même si beaucoup de gens le trouvent lourd, je l'aime bien. Ce n'est pas celui des salons de thé, c'est celui des gens simplement. Même s'il est masculin et orienté par les traditions militaires. L'important, c'est qu'il serve à faire passer les moments difficiles. "Au-delà des rêves, des valeurs et de la fierté de porter l'uniforme, certains pointent la sécurité d'emploi non négligeable par les temps qui courent, la mobilité dans la carrière avec des formations permanentes et la rémunération. Un jeune soldat touche déjà 1 318 euros net par mois et jusqu'à 1 794 euros net pour un officier, diplômé de l'Ecole royale militaire. Mais n'ont-ils pas peur de se confiner dans le milieu ? " Je suis plus sceptique quant à l'ambition d'une personne qui va effectuer un métier cassant toute sa vie. Mon choix de carrière, je le connais et, jusqu'à ma pension, il y aura des fonctions pour moi et de moins en moins lourdes physiquement ", analyse François, 25 ans, actuellement en mission au Liban. Tout n'est pas " kaki pour autant. " Je me rends compte que l'armée te promet monts et merveilles et souvent, ce n'est pas le cas, regrette Kevin, 22 ans. Aux Maisons de la Défense, ce sont des personnes qui te conseillent des choses dont elles n'ont aucune idée. " Michel, 39 ans, a arrêté l'école secondaire pour devenir pilote. Il se voyait déjà en Buck Danny. Il l'a d'ailleurs dit aux tests de sélection. Pour avoir un diplôme de secondaire, il s'est inscrit à l'Ecole des sous-officiers " mais seuls les officiers pouvaient piloter ". Il travaille aujourd'hui à la police fédérale. D'autres restés au sein de la Défense sont déçus par les missions. L'armée belge se concentre sur des missions de maintien de la paix et de type humanitaire, au Liban, au Tchad, au Kosovo et en Afghanistan. Ayant d'autres capacités, certains jugent que ce n'est pas leur rôle de faire de l'humanitaire, sauf s'il s'agit de protéger un convoi, par exemple. Mais, avec le changement de ministre de la Défense, Fabien, par exemple, en dernière année ERM, se sent rassuré : " Que Pieter De Crem (CD&V) veuille admettre des missions un peu plus opérationnelles et moins humanitaires n'est pas pour me déplaire, c'est ce pour quoi on est formé après tout . "KASSANDRA DECLOUXil se voyait déjà en buck danny