Son dossier sous le bras, il a frappé à bien des portes, des mois durant. De ce projet, il en rêvait peut-être depuis toujours. Certainement déjà à l'époque où il était rédacteur en chef du Pourquoi Pas ? Visionnaire, Jacques Dujardin voulait créer un magazine en rupture totale avec la presse belge francophone de l'époque. Qui pose résolument un autre regard sur l'actualité. Un magazine d'actualité qui s'appuie aussi sur les valeurs humanistes essentielles, sur le respect, qui refuse la polémique gratuite et superficielle au profit de vrais dossiers, réalisés par de vrais talents.
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Son dossier sous le bras, il a frappé à bien des portes, des mois durant. De ce projet, il en rêvait peut-être depuis toujours. Certainement déjà à l'époque où il était rédacteur en chef du Pourquoi Pas ? Visionnaire, Jacques Dujardin voulait créer un magazine en rupture totale avec la presse belge francophone de l'époque. Qui pose résolument un autre regard sur l'actualité. Un magazine d'actualité qui s'appuie aussi sur les valeurs humanistes essentielles, sur le respect, qui refuse la polémique gratuite et superficielle au profit de vrais dossiers, réalisés par de vrais talents. C'est chez notre éditeur, Roularta, qu'il recevra enfin l'accueil qu'il espérait. C'était en 1983 et, tout de suite, Le Vif allait prendre toute sa place sur le marché, tant il était attendu par une nouvelle génération de lecteurs et tant il apportait un souffle nouveau. En 1986, c'était le rapprochement avec L'Express. Le magazine franchissait une nouvelle étape, toujours plus haut, toujours plus pro. Aujourd'hui, votre magazine s'inscrit parfaitement dans la veine originelle de ce projet. Surtout à une époque où la presse connaît de sérieux bouleversements face à un lectorat devenu de plus en plus exigeant. Un lectorat dispersé, aussi, avec de nouvelles habitudes de lecture, de nouveaux centres d'intérêt et dont la curiosité peut être attisée désormais 24 heures sur 24 grâce à la prolifération des médias. Quelle place aujourd'hui pour un news face à la remise en question sans cesse des quotidiens (dont les suppléments du week-end flirtent avec le magazine), l'extraordinaire énergie des radios, l'invasion du Web ? Dans ce contexte de forte concurrence, les magazines, et en particulier Le Vif, ont toute leur place. Car, loin de nous faire de l'ombre, l'Internet est notre allié. Grâce à notre site, nous devenons, nous aussi, quotidien. Pour les infos en direct, instantanées, nous sommes ainsi aussi présents. C'est Le Vif au quotidien. Mais dans un contexte où l'information glisse vers l'hyper-fragmentation, l'agrégation de micro-informations et qui voit disparaître toute hiérarchisation, Le Vif/L'Express a, plus que jamais, un rôle essentiel à jouer. Dans la veine de la philosophie de Jacques Dujardin. Avec nos articles fouillés, nos enquêtes approfondies, notre recul, nous pouvons apporter, en fin de semaine, toutes les clés indispensables pour mieux comprendre et appréhender la complexité de l'info. A nous de creuser dans ce chantier permanent qu'est devenue l'actualité, où une nouvelle chasse l'autre à la vitesse vertigineuse de l'éclair, pour en faire jaillir les éléments qui vous permettront de comprendre, de juger, de vous faire votre opinion. Plus que jamais, Le Vif/L'Express se doit d'être l'antidote de l'instantanéité. Prendre le temps, aller sur le terrain, nous ouvrir à vos nouveaux territoires et centres d'intérêt, décrypter les faits, exercer votre esprit critique, telle est notre mission, et ce en toute indépendance. Très prochainement, nous évoluons en beauté, avec une nouvelle maquette. Plus aérée, mieux balisée, plus riche et créative. Vous retrouverez également avec plaisir toutes les signatures qui font la richesse de notre magazine. Un conflit a opposé en effet ces derniers jours la rédaction à la direction suite au licenciement de quatre personnes de l'équipe. Tout comme la liberté d'expression, l'arrêt de travail est un droit et, à ce titre, notre éditeur, Rik De Nolf, l'a respecté. Afin de permettre aux journalistes d'exercer de manière pleine et entière ce droit, l'équipe de coordination, soucieuse de l'intérêt à la fois de nos lecteurs et de nos collègues de Weekend et de Focus (qui n'avaient pas suivi le mouvement), a choisi de publier, à titre exceptionnel, le magazine cette semaine. Mais depuis mercredi dernier, toute l'équipe est à nouveau au travail pour réaliser notre numéro du 6 février prochain. Unie par un même esprit et un seul objectif : vous offrir, chaque semaine, un magazine de qualité. Merci encore pour votre fidélité. de christine laurent - Rédactrice en chef