A l'heure où l'entente entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou sur Jérusalem comme capitale d'Israël interroge l'avenir du sort des Palestiniens (lire en page 82), il est intéressant de percevoir comment l'Etat hébreu traite ses concitoyens arabes, restés dans le pays après sa création en 1948. Parmi les " e...

A l'heure où l'entente entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou sur Jérusalem comme capitale d'Israël interroge l'avenir du sort des Palestiniens (lire en page 82), il est intéressant de percevoir comment l'Etat hébreu traite ses concitoyens arabes, restés dans le pays après sa création en 1948. Parmi les " enclaves d'intégration " offertes aux Arabes israéliens (le théâtre, la musique, le système de santé ou même le milieu criminel...) le football a au moins deux avantages : sa grande popularité et " le fait que l'on puisse le présenter comme un domaine apolitique (qui) facilite son utilisation politique par les dirigeants ". Dans un premier temps pourtant, joueurs, dirigeants et supporters des clubs arabes se sont gardés d'utiliser le stade comme un lieu de protestation politique et de renforcement de l'identité, constate le sociologue israélien Tamir Sorek dans Terrain contesté. Les dilemmes d'un football arabe dans un Etat juif (Albin Michel, 332 p.). Les Palestiniens d'Israël ont (d'abord) tenté d'utiliser leurs succès footballistiques (sélection, à partir des années 1990, de joueurs arabes dans l'équipe nationale et victoire, en 2004, du club de Sakhnin en finale de la Coupe de l'Etat) pour renforcer leurs demandes d'égalité. Mais la déception de leurs espoirs, conjuguée à l'influence des " printemps arabes ", a modifié le rôle assigné au foot : la protestation politique s'est alors engouffrée dans les tribunes. Même si ses enquêtes de terrain datent, Tamir Sorek offre un regard précieux sur un pan de la société israélienne.