Un plan Marshall pour la formation à Charleroi, c'est le projet que Paul Magnette partage avec les partenaires de la majorité communale pour la mandature à venir. Il s'agit de mettre en place une cité des métiers de l'industrie et de la construction, pour remotiver les jeunes à s'engager dans ces filières d'études. Au départ, un état des lieux du comité subrégional de l'emploi et de la formation (CSEF) de Charleroi, sous la présidence d'Eric Van Sevenant : " L'enseignement technique souffre d'une désaffection qui se traduit par une chute continue du nombre d'étudiants. Et ce n'est pas un problème d'offre mais de fréquentation scolaire : alor...

Un plan Marshall pour la formation à Charleroi, c'est le projet que Paul Magnette partage avec les partenaires de la majorité communale pour la mandature à venir. Il s'agit de mettre en place une cité des métiers de l'industrie et de la construction, pour remotiver les jeunes à s'engager dans ces filières d'études. Au départ, un état des lieux du comité subrégional de l'emploi et de la formation (CSEF) de Charleroi, sous la présidence d'Eric Van Sevenant : " L'enseignement technique souffre d'une désaffection qui se traduit par une chute continue du nombre d'étudiants. Et ce n'est pas un problème d'offre mais de fréquentation scolaire : alors que les filières construction et industrie représentent 43 % de l'offre d'enseignement à Charleroi, elles ne captent plus que 20 % d'étudiants ", indique-t-il. Pis : " Les fleurons historiques de l'enseignement qualifiant que représentent l'Université du travail et le collège des Aumôniers ont perdu 30 % de leur population en l'espace de vingt ans, si bien qu'un tiers des sections frisent le seuil du maintien avec 6 étudiants. Remobiliser les jeunes pour les carrières et les études techniques, c'est déjà le sens du projet d'éducation technologique mené dans l'enseignement général auprès de 1 200 élèves. Si 5 % d'entre eux changent d'orientation, cela ne suffit pas à assurer des réserves de main-d'£uvre pour l'avenir. D'où le projet de cité des métiers nourri depuis deux ans " pour sortir du cercle vicieux ". Au niveau supérieur, les partenaires sociaux ont imaginé le " campus technologique " sur le site de l'aéropôle : un complexe d'enseignement et de formation technologique en lien avec la recherche et le monde de l'entreprise. " Il fallait dupliquer le projet au niveau secondaire ", dit le directeur du CSEF, Olivier Marchal. La cité des métiers de l'industrie et de la construction, c'est le premier échelon de ce pôle d'excellence. Il s'agit de mettre en place une infrastructure partagée par les opérateurs de formation, la mutualisation générant des économies d'échelle et un gain d'efficience. " Pour développer cet outil, nous avons identifié des espaces au collège des Aumôniers et le bâtiment Roullier, sur le campus de l'UT en centre-ville. Structurellement adapté, ce dernier offre une capacité de près de 40 000 mètres carrés qui permet de concentrer les modules, ateliers et options de base liés aux compétences des métiers de l'industrie et de la construction ", dit Van Sevenant. Le centre de formation serait complété par trois autres fonctions : un guichet unique pour l'orientation tout au long de la vie selon le concept développé en France sous le label international des " Cités des métiers ", la création d'une école de créativité en partenariat avec le centre d'entreprises Héraclès et la mise à disposition d'espaces pour l'accueil d'événements ponctuels (expos, colloques) et permanents (vitrine technologique, maison du développement durable, centre de recherche en formation et technologie). Pour l'adaptation des surfaces intérieures et le traitement de l'enveloppe du bâtiment, l'estimation de coût s'élève à 16 millions d'euros. Le projet sera soumis prochainement à l'approbation du comité de développement stratégique de Charleroi. DIDIER ALBIN