L'ingérence du pouvoir politique dans les affaires judiciaires et vice versa ne sont pas légion. La Belgique compte nombre de magistrats qui, viscéralement attachés à leur indépendance, n'hésiteraient pas à alerter l'opinion publique s'ils la sentaient menacés. La preuve par l'actualité ! Ici, le problème est moins celui d'une pression directe du politique sur la justice que celui d'une proximité entre les deux mondes.
...

L'ingérence du pouvoir politique dans les affaires judiciaires et vice versa ne sont pas légion. La Belgique compte nombre de magistrats qui, viscéralement attachés à leur indépendance, n'hésiteraient pas à alerter l'opinion publique s'ils la sentaient menacés. La preuve par l'actualité ! Ici, le problème est moins celui d'une pression directe du politique sur la justice que celui d'une proximité entre les deux mondes. Politiciens et magistrats se connaissent et se fréquentent (au restaurant, dans des cercles d'affairesà), voire flirtent ensemble. Jusqu'à former des couples " mixtes ". Parmi les plus connus : Madame Busquin, présidente du tribunal de première instance de Nivelles ; Madame Jean-Jacques Viseur, juge de la jeunesse à Charleroi ; Madame Antoine Duquesne, ex-procureur du roi à Liège avant Danièle Reynders, s£ur de Didier ; Thierry Giet, chef de groupe PS à la Chambre et fils de l'ancien procureur général de Liège. Parfois, les liens ne sautent pas aux oreilles : tel magistrat bruxellois est marié à une haute fonctionnaire de la Communauté française, proche d'Elio Di Rupo. Sans parler de l'union formée entre Laurette Onkelinx et Marc Uyttendaele, son avocat de mari, spécialisé dans la défense des pouvoirs publics. Cette proximité n'est pas toujours suspecte, encore moins condamnable a priori, mais elle comporte un risque inévitable : celui de fissurer l'étanchéité entre pouvoirs. En tout cas, la magistrature se serait volontiers passé du scandale actuel, elle qui ne sait pas encore totalement remise de l'affaire Dutroux ni des dysfonctionnements que la commission parlementaire Verwilghen a mis en lumière. Aux yeux de l'opinion publique, c'est comme si aucune leçon n'avait été retenue. Et ce genre de raccourci pourrait faire le lit des populistes aux prochaines échéances électorales. La réforme en profondeur de la justice est loin d'être aboutie. Certes, le Conseil supérieur de la justice (CSJ), crée en 2000, a rendu la nomination des magistrats plus objective. Pour autant, la magistrature a-t-elle été dépolitisée ? Pas sûr. Interrogé par Le Soir, le président de l'Association syndicale des magistrats, Thierry Marchandise, a pointé du doigt les nominations des membres du CJS issus de la société civile proposées par le Sénat, laissant entendre que le politique, sorti par la porte, est rentré par la fenêtre. l Th.D.