Je voudrais réagir au courrier de M. Jean Nicaise paru dans le Forum du 30 mars (" L'utopie de l'immobilisme "). " Bièsse langue " est donc du wallon francisé (langue se disant lanwe) et votre correspondant part tacitement de cette langue " inutile " pour dire que le néerlandais est inutile car " régional " et qu'il faut aller à la langue " universelle ", l'anglais, de quoi on peut inférer que, un jour ou l'autre, ce sera le français qui sera inutile. Il est à craindre qu'il parte de ce qu'il...

Je voudrais réagir au courrier de M. Jean Nicaise paru dans le Forum du 30 mars (" L'utopie de l'immobilisme "). " Bièsse langue " est donc du wallon francisé (langue se disant lanwe) et votre correspondant part tacitement de cette langue " inutile " pour dire que le néerlandais est inutile car " régional " et qu'il faut aller à la langue " universelle ", l'anglais, de quoi on peut inférer que, un jour ou l'autre, ce sera le français qui sera inutile. Il est à craindre qu'il parte de ce qu'il juge être une utopie, le bilinguisme, pour se diriger vers une réelle utopie, l'anglais comme clé unique, " langue sans lieu ". Voilà un morceau d'idéologie immobiliste entendu fréquemment chez les monolingues francophones. Mais comment font les germanophones belges ? Je n'ai pas l'impression qu'ils soient des utopistes. Mais plutôt un exemple en matière de bilinguisme. Et ils ne parlent pas une langue " régionale ". Et que dire des Suisses qui sont un modèle à tout point de vue ? Ils ont quatre langues officielles, dont une " inutile ", à savoir le romanche, et une cinquième qui est l'allemand suisse qui varie d'une vallée à l'autre mais est d'emploi constant. L'Etat suisse compte parmi les plus évolués d'Europe. Cherchez l'erreur. Sans parler des Finlandais. Deux langues officielles, le finnois, le suédois (pour 5 % de la population), enseignées partout avec l'allemand et le français. Cela fait quatre langues (je ne mentionne pas le latin qui vit encore de belles heures au lycée). Et maintenant que la frontière de l'Est est, de facto, ouverte, ils se mettent vaillamment au russe, langue qui leur est de prononciation très difficile, car eux-mêmes ne connaissent que la consonne " s " face aux multiples " s ", " j ", " ch ", etc., du russe). Curieusement, ils sont parmi les premiers dans tous les classements et ont surmonté sans jérémiades une crise économique terrible voici quinze ans. L'Europe, ici invoquée par le correspondant, ou le simple bon sens, nécessite de parler les langues des voisins. C'est aussi simple que ça. Ce qui est glaçant dans le refus de " l'utopie du bilinguisme ", c'est que les tenants de ce refus ne rêvent pas, n'imaginent pas, se calfeutrent dans l'immobilisme. A comparer utilement avec le retard wallon. Il n'est pas donné suite aux lettres ouvertes ou portant des adresses incomplètes. La rédaction raccourcit certaines lettres pour permettre un maximum d'opinions.ANDRÉ LÉVÊQUE, DOCTEUR EN GÉOGRAPHIE, VALENCIENNES, PAR COURRIEL