La condamnation en première instance (NDLR: à Gand) du chirurgien esthétique Jeff Hoeyberghs pour sexisme et incitation à la haine contre les femmes après une conférence au cours de laquelle il a livré son regard sur l'ouverture et la fermeture des jambes des femmes, a scindé le débat public en deux camps de ma...

La condamnation en première instance (NDLR: à Gand) du chirurgien esthétique Jeff Hoeyberghs pour sexisme et incitation à la haine contre les femmes après une conférence au cours de laquelle il a livré son regard sur l'ouverture et la fermeture des jambes des femmes, a scindé le débat public en deux camps de manière plutôt prévisible. Sauf exceptions, à gauche, on s'est surtout montré soulagé de la confirmation par le juge que l'on ne peut plus impunément tenir de tels propos haineux. A droite, on a déploré qu'il soit une fois de plus porté atteinte à la liberté d'expression. Ce fossé n'était-il pas prévisible? Imaginons que ce ne soit pas un médecin mais un imam qui ait déclaré que les femmes "veulent les privilèges de la protection et de l'argent des hommes" mais plus de sexe ; qu'une femme "ne peut être traitée en égale sans devenir son esclave" [...]. Les mêmes camps idéologiques n'auraient-ils pas adopté un point de vue exactement inverse? Début de l'année dernière, le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), expulsait du pays un imam turc pour avoir fait savoir sur Facebook que l'homosexualité "rendait malade et décadent". A la grande joie de cette même droite qui, aujourd'hui, entrevoit dans la condamnation du docteur Hoeyberghs une attaque moralisatrice contre la démocratie libérale, alors qu'à gauche, on s'était moins réjoui de l'expulsion de l'imam aux propos fâcheux. La défense du droit à une opinion haineuse, rétrograde, grossière, peut être légitime, mais ses défenseurs sont rarement conséquents [...].