Smoke on the Water Le collectif qui s'inspire de Berlin

En janvier, l'association momentanée Smoke on the Water recevait un Beffroi de cristal pour l'organisation du projet éponyme de Charleroi, ville partenaire de Mons 2015. Jean-Michel Van den Eeyden, directeur du théâtre de l'Ancre, était la cheville ouvrière de ce spectacle alliant sons, lumière et concerts en bord de Sambre, mis sur pied en partenariat avec le collectif Dirty Monitor, le Rockerill et Charleroi CentreVille. " L'idée consistait à utiliser les forces créatives de Charleroi. Qu'allions-nous faire et avec qui ? Nous avons immédiatement pensé à Mochélan, les Dirty Monitor et Kid Noize, un DJ et compositeur bruxellois installé à Charleroi, et Bow, un quintette à cordes. Même si parler de Charleroi comme d'un nouveau Berlin me paraît angélique parce qu'il y a un réel retard à combler, un mouvement citoyen et artistique est en route. Un mouvement de l'ordre individuel ou de petites collectivités qui veulent montrer une image différente de celle que véhiculent les médias et dans laquelle on ne se reconnaît pas. " Dirty Monitor réunit 11 artistes : vidéastes, photographes, créateurs 2D et 3D... En une douzaine d'années, ce collectif a acquis une belle renommée bien au-delà de nos frontières. Il a ébloui le public avec son mapping à 360° dans la cour du Carré des arts, à l'occasion de la fête d'ouverture de Mons 2015. En mai dernier, au Futuroscope de Poitiers, il proposait Les Mystères du Kube, un spectacle mêlant artistes acrobates et danseurs au coeur de 600 m² de mapping vidéo qui tiennent lieu de décors et épousent toute la scène. Fin juin, toujours accompagné de Bow, Dirty Monitor créera un opéra multimédia pour la 10e édition de Bordeaux fête le vin. C.DU.
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En janvier, l'association momentanée Smoke on the Water recevait un Beffroi de cristal pour l'organisation du projet éponyme de Charleroi, ville partenaire de Mons 2015. Jean-Michel Van den Eeyden, directeur du théâtre de l'Ancre, était la cheville ouvrière de ce spectacle alliant sons, lumière et concerts en bord de Sambre, mis sur pied en partenariat avec le collectif Dirty Monitor, le Rockerill et Charleroi CentreVille. " L'idée consistait à utiliser les forces créatives de Charleroi. Qu'allions-nous faire et avec qui ? Nous avons immédiatement pensé à Mochélan, les Dirty Monitor et Kid Noize, un DJ et compositeur bruxellois installé à Charleroi, et Bow, un quintette à cordes. Même si parler de Charleroi comme d'un nouveau Berlin me paraît angélique parce qu'il y a un réel retard à combler, un mouvement citoyen et artistique est en route. Un mouvement de l'ordre individuel ou de petites collectivités qui veulent montrer une image différente de celle que véhiculent les médias et dans laquelle on ne se reconnaît pas. " Dirty Monitor réunit 11 artistes : vidéastes, photographes, créateurs 2D et 3D... En une douzaine d'années, ce collectif a acquis une belle renommée bien au-delà de nos frontières. Il a ébloui le public avec son mapping à 360° dans la cour du Carré des arts, à l'occasion de la fête d'ouverture de Mons 2015. En mai dernier, au Futuroscope de Poitiers, il proposait Les Mystères du Kube, un spectacle mêlant artistes acrobates et danseurs au coeur de 600 m² de mapping vidéo qui tiennent lieu de décors et épousent toute la scène. Fin juin, toujours accompagné de Bow, Dirty Monitor créera un opéra multimédia pour la 10e édition de Bordeaux fête le vin. C.DU. Ce qui semblait un pari osé en 1999, quand l'ULB choisissait de délocaliser certains de ses laboratoires à Charleroi et y créait l'Institut de biologie et de médecine moléculaires (IBMM), a pris les allures d'une success story. A l'origine, l'idée est de renforcer l'expertise et le potentiel de l'ULB en biologie moléculaire et de contribuer au développement économique de la région. Il y a aussi une décision politique des autorités universitaires de conforter l'ancrage wallon de l'unif bruxelloise. L'initiative semble d'autant plus ambitieuse qu'il n'y a là ni centres de recherche, ni entreprises de biotechnologies. Et Charleroi est bien loin de ressembler à la Silicon Valley ! Et pourtant... Le Biopark compte aujourd'hui 1 031 personnes de 30 nationalités différentes, 3 centres de recherche - l'IBMM, l'Institut d'immunologie médicale (IMI) et le Centre de microscopie et d'imagerie moléculaire (CMMI) - un centre de formation continue qui forme 850 à 1 000 personnes par an, 2 universités dont une spin-off émerge chaque année et 32 entreprises. L'objectif de son directeur, Dominique Demonté : réunir 3 000 travailleurs sur le site d'ici cinq ans ! " Ça paraît ambitieux, mais c'est réaliste. Nous n'avons pas les moyens des Chinois, dont certains parcs biomédicaux hébergent 100 000 personnes, mais nous avons les soutiens de la Région wallonne et des fonds Feder. La marque de fabrique du Biopark de Charleroi, c'est sa stratégie orientée vers la "smart specialisation" et le développement d'un écosystème complet. Le Biopark s'est spécialisé dans l'immunologie, la thérapie cellulaire et l'imagerie. Pour chacune de ces niches, nous avons conçu des écosystèmes réunissant l'ensemble des ingrédients nécessaires à leur développement : de grosses entreprises pour structurer le secteur, des PME, le soutien des pouvoirs publics et d'investisseurs privés, l'offre de formations pour les demandeurs d'emploi comme pour les étudiants des hautes écoles, la recherche de haut niveau, l'accès à des ressources humaines hautement qualifiées... Beaucoup d'entreprises étrangères viennent pour l'environnement et le réseau, avec l'intercommunale Igretec et l'Awex. Chaque mois, nous avons un ou deux contacts avec de potentiels investisseurs. Ce qu'on a fait dans le biomédical peut se faire dans l'aéronautique ", signale celui qui est devenu, en janvier dernier, président du Comité de développement stratégique (CDS) de la région Charleroi Sud Hainaut. Dans le cadre de ce mandat de deux ans, le scientifique devenu " business développeur " entend étendre la notion d'écosystème à l'ensemble de la région. C. DU. En avril dernier, Sonaca Aircraft, nouvelle filiale du groupe Sonaca, présentait fièrement le Sonaca 200, un avion biplace destiné à l'écolage et au tourisme. Sa première commercialisation aura lieu dans un an, mais une dizaine d'avions ont déjà été vendus sur la base des plans et du prototype. Le capital de la filiale est détenu par ses cofondateurs, trois ingénieurs à l'origine du projet, et l'entreprise sud-africaine The Airplane Factory. Présent au Brésil, au Canada, en Chine et en Roumanie, le groupe Sonaca emploie 2 500 personnes, dont 1 850 en Belgique. Pour son administrateur délégué Bernard Delvaux, " face à la concurrence des pays émergents, il est important de trouver un équilibre entre les activités développées ailleurs et celles qui sont préservées en Wallonie, de façon transparente et en négociant avec les syndicats. Jusqu'à présent, on a pu faire ce qu'il fallait pour maintenir le chiffre d'affaires et, depuis quatre ans, l'entreprise gagne même de l'argent, alors qu'elle était jusque-là refinancée par la Région. " En 2015, la Sonaca a dégagé un bénéfice de 33 millions d'euros. C. DU. Brussels South Charleroi Airport, c'est plus de 550 emplois directs et 3 000 emplois indirects, quatre compagnies aériennes, 151 destinations - dont 52 ralliées via Istanbul grâce à Pegasus Airlines, compagnie turque installée sur le tarmac carolo depuis 2014 - et près de 7 millions de passagers enregistrés en 2015. " Depuis l'installation de la première base continentale de Ryanair à Charleroi, en 2001, le trafic passagers a augmenté de façon exponentielle et connu une croissance à deux chiffres, note Vincent Grassa, porte-parole de l'aéroport. Dès l'année de son inauguration en 2008, le nouveau terminal avait atteint sa capacité maximale de 3 millions de passagers. " Des travaux d'extension sont prévus pour amener la capacité totale de BSCA à 9 millions de passagers et permettre d'accueillir 7 avions de plus chaque heure. Coût de l'extension : 10 à 15 millions d'euros sur fonds propres. Pour s'adapter à la demande des voyages d'affaires, un espace lounge sera aménagé dans l'ancien terminal. Le fret par petits cargos se développe lui aussi progressivement. Des cercueils sont déjà acheminés vers le Maroc et la Turquie, les cellules souches et les biopsies destinées au Biopark arrivent aussi au BSCA et un projet de transport de feuilles de menthe depuis le Maroc est à l'étude. C. DU. Sacrée " Entreprise prometteuse de l'année 2015 ", OncoDNA est créée en décembre 2012 par Jean-Pol Detiffe. C'est la première entreprise qui allie des aspects digitaux et numériques à la recherche biomédicale classique. En collaboration avec l'Institut de pathologie et génétique (IPG), le plus grand laboratoire belge d'analyses diagnostiques et pathologiques du cancer, la start-up carolo réalise le profilage moléculaire de tumeurs cancéreuses et propose un test sanguin pour en suivre l'évolution et évaluer l'efficacité du traitement. Son application OncoSHARE constitue une base de données mondiale qui réunit plus de 10 000 personnes et guide les oncologues dans leurs choix thérapeutiques en recensant des cas similaires et les traitements qui leur ont été appliqués. Installée dans le Biopark de Gosselies, OncoDNA occupe 20 personnes, principalement des informaticiens et des bio-informaticiens. 95 % de ses activités vont à l'exportation. " C'est un domaine assez pointu qui nécessite des informaticiens de haut vol, mais il n'y a pas de difficultés à trouver ce genre de profil. Ce sont des gens très motivés. Chaque jour, via l'aéroport de Charleroi, des biopsies nous parviennent du monde entier pour être analysées ", souligne Jean-Pol Detiffe. C. DU. Sept parcs d'activités économiques gérés par l'intercommunale Igretec se situent à proximité de l'Aéroport de Charleroi Bruxelles Sud (BSCA). Le secteur aéronautique y est plutôt bien représenté : Charleroi-Gosselies 2 héberge la Sabca, filiale du groupe Dassault active dans l'aviation civile, militaire et spatiale, et la Sonaca (dont les actionnaires sont la Région wallonne et l'Etat fédéral), ainsi que le WAN (Wallonie Aerotraining Network). L'Aéropole, où l'on trouve aussi le Biopark, accueille 175 entreprises qui assurent 4 000 emplois. Avec des fleurons de l'aéronautique comme le centre de recherche Cenaero, l'Américain Ami Metals, fournisseur de Boeing ou Venyo, " une PME jeune et dynamique, qui conçoit un simulateur de vol au concept novateur très intéressant ", précise Patrick Leclercq, responsable du développement stratégique et territorial chez Igretec. Non loin de là, à Mont-sur-Marchienne, trône fièrement Thales Alenia Space Etca, l'un des principaux fournisseurs de la station spatiale internationale. Tout cela demande des compétences pointues. A un jet de pierre de l'aéroport, le WAN, Centre de compétences wallon, propose plus de 35 formations à destination du secteur aéronautique, dans deux filières : technique et aéroportuaire, à l'exception des métiers de pilotes et de contrôleurs aériens qui sont un monopole de Belgocontrol. Toutes sont reconnues aux plans national et international. Des formations sont aussi organisées à la demande des entreprises pour une mise à niveau de leurs travailleurs. En 2015, 182 000 heures ont été dispensées dans le centre de compétences. Tous ces acteurs aéronautiques carolos sont membres de Skywin, le pôle de compétitivité aérospatial wallon qui regroupe 135 structures telles que des PME, des universités, des centres de recherche ou de compétences. La Sabca, la Sonaca et Thales Belgium ont d'ailleurs leur représentant au sein du conseil d'administration présidé par Pierre Sonveaux, président de la Sonaca et du WAN. C. DU. " J'aime ma ville sans compromis, sans compliments j'suis fier d'y avoir grandi car elle affûta mon comportement entre crapules et bandits, je me suis éloigné des méchants là où personne n'est gentil, ma ville m'a instruit et ça... c'est grand. " Quitter Charleroi fut une question de survie pour Simon Delecosse, aka Mochélan. Il y est pourtant revenu en 2010 avec le Mochélan Acoustic Band, un groupe de rap acoustique, pour chanter Notre Ville sur la scène de l'Eden, à l'occasion du tremplin musical L'Envol des Cités. Qu'il remporte au passage. Coup de coeur de Jean-Michel Van den Eeyden pour son écriture. Le directeur du théâtre de l'Ancre propose alors à Mochélan de créer du théâtre musical. " A l'époque, il y avait un sentiment de gêne, un étonnement que l'on veuille parler de Charleroi. C'était un pari risqué et audacieux ", déclare- t-il. Mochélan a toujours voulu être comédien. " Le rap était une passion, un truc qui m'amusait, une étape. Mais je voulais me diriger vers le monde du cinéma ", confie celui qui a notamment tourné un film en Bolivie, un documentaire sur une création musicale belgo-palestinienne et qui prépare un court-métrage avec le directeur de L'Ancre. Nés poumon noir réunit les textes écrits par le jeune Carolo entre 16 et 25 ans. Loin d'un " carnet de rimes... pathétique ", c'est un ensemble qui claque et dénonce " le passage de la vision "Charleroi c'est de la merde", la ville la plus laide du monde, à un esprit de Bisounours ". La mise en scène est signée Jean-Michel Van den Eeyden et la musique composée et jouée en live par Rémon Jr. Des vidéos du collectif Dirty Monitor complètent la création. Après trois ans de tournée, dont 20 dates dans le Off du festival d'Avignon 2013, le spectacle était présenté une dernière fois dans le théâtre qui l'a vu naître. C'était la 100e. C. DU. Le Slidenjoy n'est pas encore commercialisé, mais il fait déjà beaucoup parler de lui en Belgique et à l'étranger ! Cet outil pour doubler ou tripler son écran d'ordinateur à l'aide d'un simple port USB est l'oeuvre d'un trio carolo composé de deux jeunes fanas d'informatique et de marketing - Charlee Jeunehomme et Thomas Castro - et de Laurent Wéry, un entrepreneur bien connu dans la région de Charleroi. Le quadragénaire s'est fait connaître à travers son entreprise de packaging, avant de prendre un tournant professionnel avec ses deux associés. " Thomas était un ami commun à Charlee et à moi, et il avait ce projet de Slidenjoy, raconte Laurent Wéry. Au début, je ne me voyais pas investir personnellement là-dedans, car je craignais qu'on soit vite copiés et dépassés par plus gros que nous. Puis, j'ai découvert le crowdfunding et cela m'est apparu comme une évidence : il fallait lancer le projet sur une telle plate-forme. " En un mois, Slidenjoy a récolté plus de 600 000 euros et rassemblé plus de 1 600 contributeurs sur Kickstarter. Ce succès tient évidemment au produit lui-même, mais aussi au buzz que ses concepteurs ont su créer autour. Les trois associés n'ont pas hésité à se mettre en scène dans des vidéos humoristiques, notamment en proposant à Mark Zuckerberg de les recevoir en échange de frites belges pour tout son personnel. Si Slidenjoy a déjà séduit un grand nombre de futurs utilisateurs et revendeurs - plus de 380 se sont manifestés -, sa réalisation a néanmoins connu quelques complications et pris du retard. Il faudra donc attendre la fin de l'année pour pouvoir prendre le produit en main. D'ici là, les trois associés ont prévu d'ouvrir leur capital. Créateurs avant tout, ils ont en réserve une dizaine de projets prometteurs dans des secteurs très variés, qui seront lancés sur des plates-formes de crowdfunding. " Non seulement le numérique a ouvert les frontières des affaires, mais il permet aussi beaucoup plus de choses - notamment le financement participatif, s'enthousiasme Laurent Wéry. Aujourd'hui, il n'y a donc plus d'excuses pour ne pas lancer ses projets ! " M.-E. R. C'est le seul fabricant de chaussures de sécurité en Belgique et il est basé à Charleroi ! Aux origines de l'entreprise dans les années 1950, on retrouve un cordonnier qui concevait des chaussures pour les charbonnages mais aussi pour les cyclistes. Les décennies ont passé et l'entreprise a élargi ses activités aux chaussures de travail, en déclinant également des modèles orthopédiques. Elle a néanmoins gardé son côté familial et est restée implantée à Charleroi, où elle possède un magasin à la rue de Montigny. Depuis 2014, Marc Pierard, petit-fils du fondateur, et son cousin Patrizio Pedaci ont repris ensemble la direction, perpétuant la tradition familiale. Les deux hommes ont veillé à préserver les valeurs de l'entreprise, à savoir la qualité, l'utilisation d'une majorité de matériaux européens et une production semi-artisanale répartie entre Charleroi et l'Italie. Mais Marc Pierard et Patrizio Pedaci ont aussi apporté à New Ever Best quelques nouveautés comme une gamme de chaussures de randonnée et de nouveaux marchés. " Désormais, nous exportons dans les pays limitrophes de la Belgique mais aussi dans une dizaine de pays d'Afrique, explique Marc Pierard. Le cours du dollar y rend nos produits concurrentiels, mais les Africains délaissent aussi de plus en plus les produits chinois pour se tourner vers la qualité européenne. " Marc Pierard et Patrizio Pedaci misent aussi sur les marchés locaux. " Mes grands-parents ont toujours collaboré avec des grandes entreprises, ce que nous continuons à faire. Et nous travaillons de plus en plus avec des PME de la région car Charleroi en compte beaucoup ", expose Marc Pierard. Désireux d'entrer en contact avec des entrepreneurs locaux comme lui, ce dernier a par ailleurs créé en 2015 le BNI Charleroi Agora, un cercle d'affaires international. " Chaque vendredi matin, nous sommes une cinquantaine à nous réunir autour d'un petit-déjeuner de business qui facilite le bouche-à-oreille et donne une bonne dynamique aux entreprises de la région. Pour nous, il n'a en effet jamais été question de quitter Charleroi. C'est une métropole très dynamique ! " M.-E. R. Après avoir été fermé pendant un an et demi pour cause de travaux, le Musée d'art de la Province de Hainaut a rouvert ses portes en septembre 2015 avec l'exposition Les mondes inversés. La rénovation du vaste hall industriel de 2 500 m2, érigé en 1911 à l'occasion de l'Exposition industrielle et commerciale de Charleroi, a été confiée au bureau Archiscénographie Roland, déjà auteur des rénovations du musée Félicien Rops à Namur et des Abattoirs à Mons, en collaboration avec Matador. L'objectif des travaux était de créer une salle convenant à l'accueil d'oeuvres plus fragiles. Le nouvel espace, une " white box " de 800 m2, répond aux normes muséologiques. Mais le bâtiment industriel brut de 1 200 m2, qui a fait l'identité du BPS22 et est particulièrement adapté aux formes d'art contemporain expérimentales, a été conservé. Plusieurs nouvelles petites salles permettent désormais au BPS22 de recevoir des projets artistiques de plus petits formats, des expériences décalées, des recherches originales ou des oeuvres plus intimistes. Une scène a également été conçue pour accueillir des performances ou des concerts singuliers. Enfin, un studio permet d'héberger les artistes qui développeront des productions in situ. Surtout, le lieu est désormais ouvert au public 360 jours par an. " C'est un beau produit d'appel pour la promotion touristique de la ville auprès des passagers en transit à l'aéroport, souligne Laure Houben, chargée de la communication. Il attire pas mal de regards de l'étranger. On a eu la visite de Parisiens et de New-Yorkais. " C. DU. Lors de sa création il y a treize ans, Printbox était un job d'étudiant pour Denis Hecq. Puis, l'entreprise a pris de l'ampleur, à tel point que son fondateur a préféré cette voie à celle d'ingénieur civil à laquelle il se destinait au départ. Denis Hecq étudiant à Louvain-la-Neuve, c'est là que Printbox a démarré avant de rejoindre rapidement la région natale de l'entrepreneur : Charleroi. Une dizaine d'années plus tard, la société d'impression textile domine le marché dans sa ville et compte parmi les acteurs incontournables du secteur en Belgique. Printbox emploie 22 personnes pour un chiffre d'affaires annuel de 3 millions d'euros, mais Denis Hecq ne compte pas s'arrêter là : " Nous planchons sur une croissance de 20 % et les premiers mois de 2016 nous indiquent que nous sommes sur la bonne voie. Cette année, nous avons décidé de ne pas acheter de nouvelles machines mais d'investir dans l'humain, avec de nouveaux postes à la clé. " Printbox est ainsi passée d'une petite entreprise à une PME, mais garde un esprit convivial. " Cela fait rire mes collaborateurs mais leur contrat de travail stipule "dans la joie et la bonne humeur", car j'estime que c'est primordial. " Même si la plupart des commandes de Printbox ont lieu par voie numérique, Denis Hecq accorde aussi beaucoup d'importance à l'aspect local. " Nous tenons à cet ancrage régional et au statut de référence à Charleroi. " M.-E. R. L'agence d'événementiel et de communication installée à Gosselies depuis trois ans a également obtenu un Beffroi de cristal pour avoir osé investir dans les événements urbains carolos que sont Quartier d'été et le Village de Noël. " Nous sommes convaincus du potentiel de cette ville, explique Julie Cordemans, fondatrice de la société avec Pierre-Nicolas Houyoux. Charleroi est en train de revivre et il y a une réelle demande des Carolos. Le nom de la société représente les coordonnées géographiques du circuit de Spa Francorchamps, car au début de nos activités, nous étions spécialisés dans des événements liés au sport automobile. Nous avons de nombreux défis et des projets fous en tête, mais le plus proche est la création d'une deuxième société de production événementielle qui s'appellera Nomade. Elle permettra aux clients de commander des structures à exploiter par leurs soins, pour la réalisation d'un marché de Noël ou d'un lieu d'animation estivale. Nous commençons la saison le 10 juin pour un mois de festivités avec La Terrasse d'Olive & Tom, ouverte dans l'Aéropole pendant l'Euro 2016. Nous enchaînons ensuite avec Quartier d'été. Pour ces deux événements, il s'agit de la deuxième édition. " Le public de Quartier d'été est très éclectique. A la fois familial et amateur de " night life ", il peut prendre part à des compétitions de beach volley, jouer à la pétanque ou assister à des DJ sets assurés par l'équipe du Rockerill. C. DU. Fondé en 2007, le club d'affaires B4C compte aujourd'hui plus de 270 adhérents. L'été dernier, il s'installait quai de Brabant, après mûre réflexion. " Le choix du nouveau siège a pris du temps, car Charleroi est en reconstruction et de nouvelles opportunités se sont progressivement présentées pour le club, explique son président Marc Deltenre. Nous souhaitions rester au centre-ville, disposer de locaux plus spacieux, tout en conservant le caractère itinérant de nos activités. Ce concept est essentiel pour atteindre les objectifs du club et amener notre public à découvrir ou redécouvrir des lieux incontournables de Charleroi. " Les objectifs ? Ils sont doubles : renforcer le réseau de chaque membre et développer l'attractivité et l'image de Charleroi. Dernièrement, avec l'asbl Charleroi, Wake Up !, organisatrice d'apéros urbains très courus, le club proposait START&C, un premier événement de sensibilisation des jeunes à la dynamique entrepreneuriale et aux opportunités d'emplois dans la région de Charleroi. L'objectif est de permettre à des élèves du cycle supérieur du secondaire et de l'enseignement supérieur de rencontrer des entrepreneurs carolos, comme Jean-Jacques Cloquet, administrateur délégué du BSCA, et Dominique Demonté, directeur du Biopark, pour partager leur expérience, depuis leur parcours scolaire jusqu'à leur carrière professionnelle comme entrepreneur ou manager. Il s'agit aussi d'inciter les jeunes Carolos à se former et à revenir à Charleroi pour y travailler ou y créer leur entreprise. C. DU. Après avoir dirigé les fourneaux de l'Etang bleu à Lobbes pendant neuf ans, Stéphane Chermanne a choisi de quitter la campagne et d'ouvrir une nouvelle table au coeur de Charleroi. Ce qui lui vaut un Beffroi de cristal, " pour l'audace d'avoir repris un établissement dans un quartier en passe d'être rénové. " Et quel quartier ! Chermanne - c'est le nom de l'établissement ouvert en octobre 2015 - a pour voisins L'Assemblée de Dieu, le Palais des congrès et une boutique de sex-toys... " Charleroi est en plein boom et je crois fortement en son avenir et son développement. Je voulais y investir maintenant, pas quand tout sera terminé. Il n'y a plus grand-chose en cuisine française dans le centre-ville. Le gastronomique pur et dur ne m'amusait plus, alors j'ai opté pour la bistronomie, très dans l'air du temps. C'est le choix du bon produit, fourni par un artisan, tout en y ajoutant une touche originale. J'ai déjà une belle clientèle assez fidèle, plus importante que je ne le prévoyais. Beaucoup d'avocats et quelques magistrats. " C. DU. Design Innovation est le Centre de compétences wallon dédié au design. En 2015, il a organisé 138 formations (64 000 heures au total) pour 1 640 personnes, dont 70 % de demandeurs d'emploi, 20 % de personnes issues du secteur de l'enseignement et 10 % de travailleurs : des professionnels des métiers de la création désireux d'améliorer leurs compétences dans l'usage de logiciels et d'outils techniques ou des membres d'entreprises et d'institutions qui viennent acquérir des outils de créativité. Les notions de " design de service " et de " thinking design " y prennent une place en constant développement. La première s'applique à concevoir un produit, un service, un espace en se mettant à la place de l'usager. Les cadres du Forem ont par exemple participé à deux journées de cocréation sur la mise en place d'un service interne de développement de compétences. La seconde s'appuie sur la façon dont travaillent les designers et les méthodes qui leur permettent d'innover. En 2019, Design Innovation sera intégré au Campus des arts, des sciences et des métiers, dans le haut de la ville. C. DU. La Ressourcerie du Val de Sambre (LRVS) a démarré ses activités en 2013 avec trois objectifs : le réemploi et le recyclage des objets (mobilier, électroménager, vaisselles, article de décoration, de loisirs...), l'insertion professionnelle et la formation, ainsi que la création d'emplois durables. Cette SCRL assure la gestion d'un call-center, organise la collecte des objets quel que soit leur état, le tri et le démantèlement, tandis que la revalorisation et la vente des objets sont assurées par Trans'Form. En trois ans, LRVS a étendu sa zone d'action de quatre à huit communes et le tonnage des objets collectés est passé de 660 en 2013 à 1245 en 2015. " Le principal défi de la Ressourcerie est d'augmenter ses performances environnementales, c'est-à-dire d'augmenter le taux de réemploi pour diminuer la part des encombrants qui partent en revalorisation énergétique, explique sa responsable Anne-Sophie Canart. Aujourd'hui, ce taux s'établit à 10 %. A terme, nous voulons aussi être actifs dans les 14 communes de la région. " La Ressourcerie et Trans'Form emploient entre 30 et 40 personnes. La première en occupe cinq en CDI et une quinzaine en processus d'insertion. La seconde forme 15 à 20 stagiaires demandeurs d'emploi aux métiers de la logistique et de la manutention, en partenariat avec le centre de compétences de La Louvière, et au métier de valoriste généraliste qui fait appel à différentes techniques comme l'ébénisterie, le regarnissage, l'électricité... " Ce métier émergent est un métier d'avenir ", souligne Stéphane Capurso, coordinateur de Trans'Form. C. DU. UN DOSSIER DE CAROLINE DUNSKI ET MARIE-ÈVE REBTS, COORDONNÉ PAR PHILIPPE BERKENBAUM