Le 16 novembre 1700, le roi Louis XIV lançait à sa cour rassemblée dans la galerie des Glaces : " Il n'y a plus de Pyrénées. " Monsieur le président de la République française, j'ose espérer que cette citation ne s'appliquera pas à la France durant votre quinquennat et que votre beau pays ne connaîtra pas la même situation économique que l'Espagne.
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Le 16 novembre 1700, le roi Louis XIV lançait à sa cour rassemblée dans la galerie des Glaces : " Il n'y a plus de Pyrénées. " Monsieur le président de la République française, j'ose espérer que cette citation ne s'appliquera pas à la France durant votre quinquennat et que votre beau pays ne connaîtra pas la même situation économique que l'Espagne. Votre programme de campagne, destiné à mobiliser les électeurs, présente plusieurs propositions dont le coût s'élève à 165 milliards d'euros, montant qui s'ajoutera aux 1 717 milliards de dettes cumulées à la fin de 2011 par les effets désastreux des crises financières successives auxquelles le président sortant a été confronté et les gestions antérieures qui, depuis 2002, ont grevé le budget de l'Etat de plus de 817 milliards. Monsieur le président, une dette se doit d'être remboursée, il y va de la crédibilité d'un pays d'honorer ses engagements afin de contracter d'autres emprunts ultérieurement à des taux raisonnables. [...] La relance économique passe par la croissance, mais n'oubliez pas que celle-ci, condition de celle-là, ne se décrète pas par un traité et la relance ne s'élabore que si et seulement si le marché, les agents économiques y trouvent leur compte par l'octroi d'avantages non négligeables. Une politique keynésienne de grands travaux d'infrastructure à l'échelle européenne est une belle idée, mais comment les subsidier : par l'ensemble des Etats européens déjà fortement endettés, par la Banque centrale européenne, dont les fonds sont alimentés par ces mêmes pays qui ont depuis janvier 1999 transféré leurs compétences monétaires nationales à celle-ci ou par le privé et avec quel intérêt pour lui ? Je ne peux que marquer mon accord quant à la nécessité de changer de cap en abandonnant le concept de l'austérité pour l'austérité, encore faut-il se montrer réaliste par la rigueur de la gestion publique, à nouveau le bon sens nous indique le chemin, à savoir utiliser plus rationnellement ce qui existe et non pas faire plus en augmentant les charges de l'Etat. Enfin, Monsieur le président, permettez-moi, au-delà de toute tendance idéologique, de vous proposer la réflexion de François Maniquet, Prix Franqui 2010, qui nous énonce une vérité humaine, sociale et économique, empreinte d'un bon sens certain : " On ne peut pas distribuer à des cigales qui ont fait le choix de chanter tout l'été ce que les fourmis ont amassé pour faire face à l'hiver, puisque leurs choix étaient différents ". [...] Il n'est pas donné suite aux lettres ouvertes ou portant des adresses incomplètes. La rédaction raccourcit certaines lettres pour permettre un maximum d'opinions.MAURICE JAQUEMYNS, PAR COURRIEL