1. Mobilité : le règne de l'image

Le Mobile World Congress de Barcelone (qui, cette année, s'est déroulé en février dernier) se réserve certes les meilleures nouveautés en matière de wearable computing, les terminaux tactiles nomades. Mais l'IFA, le plus grand salon européen dédié aux nouvelles technologies, organisé chaque année à Berlin et dont l'édition 2013 s'est tenue du 6 au 11 septembre, a vu deux gadgets peu ordinaires doper leurs capacités photographiques. Les Sony QX10 et QX100 se profilent ainsi comme des objectifs photographiques se connectant, en Wi-Fi direct, à des smartphones et tablettes. Directement empruntés aux appareils photo de Sony, ces accessoires équipés d'un slot pour microSD (jusqu'à 64 Go) s'attachent magnétiquement sur le dos de n'importe quel terminal Android ou iOS. En entrée de gamme, le QX10 offre un capteur de 18 millions de pixels et surtout, un zoom optique (motorisé) grossissant 10X. Deux fois plus cher et attendu à la fin de ce mois à 450 euros, le QX-100 - 20 millions de pixels - déploie, de son côté, un grand angle capable de zoomer 3,6 X. A noter que ces capteurs, utilisables à distance, sont également dotés d'un pas de vis pour trépieds standards.
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Le Mobile World Congress de Barcelone (qui, cette année, s'est déroulé en février dernier) se réserve certes les meilleures nouveautés en matière de wearable computing, les terminaux tactiles nomades. Mais l'IFA, le plus grand salon européen dédié aux nouvelles technologies, organisé chaque année à Berlin et dont l'édition 2013 s'est tenue du 6 au 11 septembre, a vu deux gadgets peu ordinaires doper leurs capacités photographiques. Les Sony QX10 et QX100 se profilent ainsi comme des objectifs photographiques se connectant, en Wi-Fi direct, à des smartphones et tablettes. Directement empruntés aux appareils photo de Sony, ces accessoires équipés d'un slot pour microSD (jusqu'à 64 Go) s'attachent magnétiquement sur le dos de n'importe quel terminal Android ou iOS. En entrée de gamme, le QX10 offre un capteur de 18 millions de pixels et surtout, un zoom optique (motorisé) grossissant 10X. Deux fois plus cher et attendu à la fin de ce mois à 450 euros, le QX-100 - 20 millions de pixels - déploie, de son côté, un grand angle capable de zoomer 3,6 X. A noter que ces capteurs, utilisables à distance, sont également dotés d'un pas de vis pour trépieds standards. Sony ne s'est toutefois pas arrêté en si bon chemin. Décidément obsédé par l'image, il alignait ainsi le Z1, phablette haut de gamme auréolée d'un capteur photographique de 20 millions de pixels. A côté, d'autres smartphones XL similaires (dont la diagonale avoisine les 13 cm) fleurissaient notamment chez Samsung et LG. Le G2 de LG met ainsi en avant son audio haute définition (voir aussi ci-contre) tandis que le Galaxy Note III de Samsung coiffe son S Pen de nouvelles fonctions. Ce stylet permet, notamment, de dessiner une petite fenêtre sur une page Web pour y lancer une app de son choix (comme une calculatrice, par exemple) en pop-up. Tarifé entre 700 et 800 euros, ce trio haut de gamme reste financièrement élitiste. Raison de plus pour Haier et Huawei, acteurs chinois high-tech au rapport qualité-prix intéressant d'abattre leurs cartes. Soit pas moins de sept nouveaux smartphones chez Haier dont le W860, phablette équipée d'une dalle réactive et affichée à moins de 200 euros. Plus grands, plus fins et plus connectés que jamais, les téléviseurs étaient les stars incontestées de l'IFA. Parmi les icônes du salon berlinois, les modèles à écran incurvé recevaient les faveurs de Samsung, LG et Sony. Déjà entrevues au CES de Las Vegas, le grand rendez-vous high-tech outre-Atlantique, ces TV inspirées des salles de cinéma IMAX agrandissaient encore leur diagonale d'écran à Berlin. Champion toute catégorie de ces origamis digitaux : LG et son OLED Ultra HD TV de près de deux mètres de diagonale. Promettant (sur papier) une immersion accrue, ces affichages concaves restent toutefois réservés aux technophiles fortunés puisque leur prix varie de 6 000 à... 11 000 euros. Technologie de rétro éclairage qui a permis de " plier " ces écrans, l'OLED ne débarquera donc pas immédiatement dans tous les salons. D'autant qu'elle reste techniquement difficile à produire. Tout le contraire de la 4K ou ultra haute définition. Malgré des couleurs moins vivantes et des contrastes moins marqués que sur un écran OLED, cette résolution facile à obtenir et quatre fois supérieure à la Full HD (illuminée en LCD) prend l'avantage. D'autant que les premiers films en ultra HD devraient être disponibles à la fin de l'année chez Sony (en téléchargement). Si jusqu'ici les constructeurs se concentraient sur la résolution ou sur le rétro éclairage, Samsung présentait à l'IFA des prototypes d'écrans OLED affichant une définition 4K. Planchant également sur ces deux technologies, Philips en rajoutait une couche en boostant son Ambilight. S'accordant avec les tonalités dominantes affichées sur un téléviseur, cette technologie d'éclairage était limitée à l'arrière du poste. Mais Ambilight+Hue Elevation TV va plus loin. Les tonalités des luminaires d'une pièce copient ainsi (comme un caméléon) les couleurs de l'image diffusée. Regarder un reportage sous-marin synchronise ainsi toutes les ampoules d'une pièce en bleu, couleur majeure de l'écran. Une promesse de plongée fascinante attendue chez nous avant la fin de l'année. Les audiophiles épinglent depuis dix ans l'omnipotence du MP3. Le vent tournait toutefois à l'IFA puisque de nombreux acteurs spécialisés dans le son dont Pioneer, Yamaha et Onkyo ont présenté des appareils Hi-Fi dédiés à l'audio numérique haute définition. Parmi les autres constructeurs proposant une compatibilité avec des fichiers audio " 24 bits/192 kHz ", Samsung et LG dévoilaient respectivement leur Galaxy Note III et G2, deux smartphones compatibles avec ce format dépassant qualitativement le CD. Toujours au rayon nomade, le retour du Walkman de Sony n'est pas non plus passé inaperçu. Le F886 restitue fidèlement et comme ses cousins communicants des fichiers FLAC et WAVE, en moyenne quatre à cinq fois plus volumineux que des MP3. Dommage donc que les capacités de stockage de ces nouveau-nés coréens et japonais plafonnent à 64 Go. Cet espace confiné pourrait toutefois s'élargir tant le catalogue à venir des appareils audio de Sony mise sur l'audio HD - ou HRA (Hi-Res Audio, dans le langage marketing maison). Amplificateur avec disque dur de 1 To (HAP-Z1ES HDD), micro chaîne audiophile (HAP-S1 HDD), lecteur audio (HAP-S1 et HAP-Z1ES)... : l'invasion a commencé ! Sur son site officiel, le constructeur renvoie même vers huit magasins de musique en ligne proposant des titres audio HD. A côté de cette tendance qui fera encore fureur au prochain CES de Las Vegas, on retiendra enfin l'apparition des soundplates. Les téléviseurs devenant de plus en plus fins, l'espace libre pour leurs haut-parleurs diminue. La qualité sonore aussi. Après les soundbars qui palliaient ce problème en embarquant plusieurs haut-parleurs à l'horizontale, Sony, LG et Philips adoptent une nouvelle approche via de grands boîtiers aux airs de socle plat à poser sous le téléviseur. Avantage de ce gain d'espace : l'amélioration des basses. Longtemps boudé par les geeks, l'électroménager jouait la carte du high-tech pour faciliter sa prise en main à l'IFA. Exit les simples tablettes tactiles encastrées dans les portes des frigos. Si des modèles comme le T9000 de Samsung demandent d'entrer manuellement sur son touchscreen la liste des produits qu'il contient, le Camera-in-Fridge de Siemens épate. Le constructeur allemand a en effet dévoilé un projet de réfrigérateur équipé de deux webcams prenant en photo la totalité de l'intérieur de l'appareil (à chaque ouverture de porte). Connecté en Wi-Fi, chaque cliché est envoyé sur tablette ou smartphone pour mettre à jour plus facilement son garde-manger. Désormais interconnectés, les appareils ménagers devraient bientôt se contrôler avec une seule app. La recette Web déduite grâce aux aliments recensés par la Camera-in-Fridge permet ainsi de lancer à distance le préchauffage d'un four (de la même marque). Siemens n'est toutefois pas le seul à investir la vague des smart appliance. Liebherr, Miele, LG, Samsung et d'autres acteurs y travaillent également. Le résultat est parfois séduisant : chez Panasonic, la machine à laver avertit (via une fenêtre pop-up) le téléviseur que son cycle est terminé. Même à une plus petite échelle, aucun aspect du quotidien n'est oublié. Le Parrot Flower Power (bientôt en vente) se dessine ainsi comme une tige Wi-Fi se dressant dans le pot d'une plante pour contrôler à distance (via une app) son taux d'humidité. Chez Philips, le projet d'HomeCooker neXt joue aux autocuiseurs connectés. L'appareil de cuisson relié au smartphone devance les étapes successives d'une recette et ajuste ses températures de cuisson automatiquement. Pour la fin du repas, le constructeur néerlandais a également pensé au Saeco GranBaristo Avanti. Soit une machine à café pilotable à distance créant des goûts personnalisés au millimètre près via une app. La blague geek " ce téléphone fait tout, sauf le café ", est morte. Et enterrée. Depuis quelques années, les objets high-tech communicants se rapprochent du corps humain. L'iPhone 5S s'équipait ainsi récemment d'un coprocesseur comprenant tous les mouvements de son utilisateur tandis que l'idée de lunettes high-tech essaime. Les Google Glass et l'Oculus Rift (casque gaming de réalité virtuelle) en témoignent. A l'IFA, Sony présentait, lui, la deuxième mouture de son Visio Casque, prévu à 1 300 euros en novembre prochain. Se connectant à n'importe quelle source vidéo, cette paire de lunettes capable de recréer (en 3D) une toile de cinéma de 20 mètres de diagonale s'équipe enfin d'une batterie. Autrefois dédié à un marché de niche, les smart watch intéressent désormais les gros constructeurs. L'idée simple d'étendre le pouvoir de son smartphone sur son poignet a ainsi séduit Sony qui présentait la SmartWatch 2. Malgré des fonctions plus limitées que la nouvelle Galaxy Gear de Samsung, elle semble promise à un meilleur avenir que celle de sa meilleure ennemie. La première smart watch du géant coréen ne fonctionne en effet qu'avec deux de ses terminaux, soit les Galaxy Note III et Galaxy 10.1. Au-delà de son prix (300 euros, soit 100 de plus que chez Sony), cette limitation est d'autant plus frustrante que la possibilité de porter la montre à l'oreille pour écouter son interlocuteur et lui parler est avant-gardiste. Egalement capable de prendre des photos et des vidéos, la Galaxy Gear devra donc encore confirmer la hype qui l'entoure. Par Michi-Hiro Tamaï