Jusqu'ici, c'était plutôt entre quatre murs qu' on avait l'habitude de croiser les opus de Jeanne Susplugas (Montpellier, 1974), qu'il s'agisse de la galerie Valérie Bach à Bruxelles, de la Villa Médicis à Rome, du Palazzo delle Papesse à Sienne ou encore de l'excellent Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne. Au domaine...

Jusqu'ici, c'était plutôt entre quatre murs qu' on avait l'habitude de croiser les opus de Jeanne Susplugas (Montpellier, 1974), qu'il s'agisse de la galerie Valérie Bach à Bruxelles, de la Villa Médicis à Rome, du Palazzo delle Papesse à Sienne ou encore de l'excellent Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne. Au domaine universitaire du Sart Tilman, à Liège, cette artiste basée à Paris s'expose au grand air. Cette configuration outdoor, que l'on prendra soin de découvrir entre les gouttes, ne l'empêche pas de révéler toute la palette des supports qu'elle travaille: installation tridimensionnelle, affiche de rue, néons et dispositif sonore. A cela, il faut ajouter deux grandes fresques murales peintes in situ dans la cage d'escalier des grands amphithéâtres. L'un de ces deux dessins monumentaux dévoile des arbres généalogiques sur lesquels les noms d'individus ont été remplacés par leurs pathologies. A l'instar de cette réalisation, les oeuvres mettent le spectateur aux prises avec des thématiques faisant se croiser le général et le particulier, l'époque et l'intime. On pense tout particulièrement à Maison malade, structure remplie d'emballages de médicaments. Plus que jamais d'actualité, l'édifice précaire en question dit notre décalage avec notre environnement, cette "pasteurisation" de nos existences vouées aux emplâtres et aux prothèses. Dans le même esprit, on pointe Flying House, maisonnette résultant de la terrible question: "Qu'emporteriez-vous si vous deviez quitter votre lieu de vie dans l'urgence avec l'idée de ne jamais y revenir?" Une interrogation à l'actualité quasi insoutenable.