"Le monde que j'essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendresse que je souhaite recevoir. Mes photos étaient comme une preuve que ce monde pouvait exister ", disait Robert Doisneau (1912 - 1994). Cette humanité ver...

"Le monde que j'essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendresse que je souhaite recevoir. Mes photos étaient comme une preuve que ce monde pouvait exister ", disait Robert Doisneau (1912 - 1994). Cette humanité versée à la grosse louche, et parfois mise en scène, a fait se détourner de son oeuvre pas mal de regardeurs. On ne peut que le regretter car il y a aussi une grande liberté qui s'exprime à travers ses photographies. Guidé par l'improvisation et le goût de la vie, Doisneau a su se tenir à distance du systématisme et du programme artistique. La rétrospective que lui consacre le musée d'Ixelles le prouve. L'accrochage a le bon goût de nous emmener sur des territoires moins balisés que le quotidien parisien. On pense à l'épisode Palm Springs, reportage réalisé en 1960 pour le magazine américain Fortune. Le contraste entre le " passant patient " et la faune des riches retraités vaut le coup d'oeil. Sans parler des prises de vue réalisées dans les ateliers de Giacometti, Foujita, César et autre Fernand Léger. Historienne de l'art et coauteur du catalogue de la rétrospective (éditions Racine) consacrée à Robert Doisneau par le musée d'Ixelles, Virginie Devillers commente pour Le Vif/L'Express cinq images tirées de l'exposition. Robert Doisneau, au musée d'Ixelles, à Bruxelles, jusqu'au 4 février 2018. www.museedixelles.irisnet.bePAR MICHEL VERLINDEN