Les nostalgiques se souviennent encore de ces " oeufs " multicolores qui faisaient inlassablement la navette entre le Grognon et le Belvédère. Pas moins de 5 millions de touristes transportés en 40 ans d'activité ! Un temps que les moins de 16 ans n'ont pas pu connaître : en 1997, le téléphérique de Namur cessait ses allées et venues sur ordre des autorités communales, pour raison de sécurité. Un rocher de 53 tonnes menaçait de s'effondrer. Depuis cette date, l'hypothèse d'une (re)mise en service d'un outil reliant le bas et le haut de la ville ne cesse d'être brandie puis presque aussitôt enterrée...
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Les nostalgiques se souviennent encore de ces " oeufs " multicolores qui faisaient inlassablement la navette entre le Grognon et le Belvédère. Pas moins de 5 millions de touristes transportés en 40 ans d'activité ! Un temps que les moins de 16 ans n'ont pas pu connaître : en 1997, le téléphérique de Namur cessait ses allées et venues sur ordre des autorités communales, pour raison de sécurité. Un rocher de 53 tonnes menaçait de s'effondrer. Depuis cette date, l'hypothèse d'une (re)mise en service d'un outil reliant le bas et le haut de la ville ne cesse d'être brandie puis presque aussitôt enterrée... Au bout de seize ans de discussions politiques mais aussi de batailles juridiques (Jean et André Dulière, qui avaient initialement obtenu une concession jusqu'en 2006, portèrent l'affaire devant les tribunaux pour réclamer une remise en route, en vain), le dossier est à nouveau sur la table. Il a même reçu un sérieux coup d'accélérateur depuis que la Région wallonne a octroyé à la Ville une enveloppe de 22 millions (du jamais vu) pour améliorer son " attractivité urbaine ". Ni une, ni deux, le député-bourgmestre Maxime Prévot (CDH) a annoncé qu'une partie de ce montant - 8 millions - serait dédiée à la construction d'un nouveau téléphérique. Une somme déterminée suite à une expertise technique et à un premier contact pris avec un opérateur. Cela bouge et cela tombe à pic : le maïeur en avait fait l'un de ses chevaux de bataille électoral. " Une nécessité tant économique que touristique ", répète-t-il. Même l'opposition PS se montre d'accord sur le fond. Mais sur la forme, les avis divergent. L'échevin Ecolo de l'Aménagement du territoire, Arnaud Gavroy, fut un défenseur d'un tracé version historique. Mais, accord de majorité oblige, il s'est finalement rangé derrière la position de ses partenaires CDH et MR, qui souhaitent que le futur téléphérique ne parte plus du Grognon mais bien de la place Maurice Servais pour enjamber la Sambre et ainsi rejoindre la caserne Terra Nova, au coeur de la Citadelle. " Une option qui redynamiserait un quartier où les commerces vivent des moments difficiles ", estime Anne Barzin, Première échevine libérale. Si les socialistes approuvent l'emplacement, ils émettent toutefois certaines réserves. Pas question d'en revenir aux cabines d'antan. L'opposition leur préférerait un train suspendu capable d'accueillir une soixantaine de personnes d'un coup. " Il faut un outil touristique ET de mobilité ", plaident-ils. Difficile, à ce stade, d'imaginer le look du futur engin. " On pourrait envisager des cabines capables d'embarquer au moins six personnes à la fois, juge Arnaud Gavroy. Mais c'est un peu tôt pour le dire. Dans ce dossier, tout reste à faire et il ne faut pas brûler les étapes. " La première sera d'obtenir un certificat de patrimoine de la part des autorités wallonnes, qui devront donner leur indispensable feu vert, le site étant classé. " La première réunion aura lieu en octobre ", affirme l'échevin Ecolo. Il faudra ensuite régler la question de l'exploitation. Entre autres. Bref, le téléphérique namurois n'embarquera pas ses premiers passagers avant un bout de temps. Qu'à cela ne tienne : son grand retour n'en est plus à une année près... M. Gs