La société Hamburg-Mannheimer sera-t-elle bientôt la nouvelle cible de Mischaël Modrikamen ? C'est le rêve que nourrit secrètement Emmanuel Gérard, un courtier liégeois qui accumule depuis trois ans les preuves et témoignages accablants contre l'assureur belgo-allemand. En cause : des pratiques plus que douteuses à l'encontre de plusieurs milliers de clients et qui relèvent, selon le courtier, de l'escroquerie et de l'abus de confiance.
...

La société Hamburg-Mannheimer sera-t-elle bientôt la nouvelle cible de Mischaël Modrikamen ? C'est le rêve que nourrit secrètement Emmanuel Gérard, un courtier liégeois qui accumule depuis trois ans les preuves et témoignages accablants contre l'assureur belgo-allemand. En cause : des pratiques plus que douteuses à l'encontre de plusieurs milliers de clients et qui relèvent, selon le courtier, de l'escroquerie et de l'abus de confiance. Hamburg-Mannheimer est une branche de l'assureur belge Ergo Life SA, faisant lui-même partie du groupe allemand Ergo. La société avait lancé en 2006 deux opérations, baptisées Cup1 et Cup2, destinées à convaincre plus de 90 000 clients de modifier les termes de leurs contrats d'assurance-vie et d'épargne-pension. Des contrats initialement très avantageux pour les clients, puisqu'ils offraient un rendement garanti de 4,75 %. Moins avantageux toutefois pour l'assureur puisqu'un tel rendement l'obligeait à constituer une réserve d'autant plus importante. Le taux étant garanti, celle-ci devait faire en outre l'objet de placements sans risque. Hamburg-Manheimer décide donc de passer à l'offensive en proposant à ses clients de modifier les termes de leurs contrats. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons. Une note interne à la compagnie dont nous avons obtenu copie exhorte ainsi ses agents à " créer le besoin chez le client ", et à " se montrer inventifs. " Objectif de l'opération : 100 modifications de contrat par mois. " Les agents de la compagnie se sont présentés chez les clients en leur proposant de passer désormais à un rendement de 9 % ", explique Emmanuel Gérard. " Ce qu'ils ne leur disaient pas, c'est que le nouveau contrat ne garantissait que 60 % du capital et que les 40 % restants étaient investis en Bourse ! " Les conditions générales du contrat précisent en effet que ces fameux 9 % ne sont en réalité qu'une prévision de rendement pour HM Golden Future, un fonds d'investissement géré pour Hamburg-Mannheimer par la banque De Groof. Sans compter que le taux de rendement sur les 60 % de capital garantis tombe désormais de 4,75 % à... 3 % ! " Non seulement, 40 % de l'épargne n'est plus garantie au client mais, en plus, le rendement du contrat est revu à la baisse. Et tout ça est savamment dissimulé dans le mirage d'un hypothéti-que rendement de 9 % ", s'étrangle Emmanuel Gérard. Difficile en effet, dans le contexte actuel, d'espérer des rendements pareils en effectuant des placements en Bourse, explique-t-il. Quelque 45 000 clients feront confiance aveuglément aux agents de Hamburg-Mannheimer. La société se défend en disant que les agents ont été bien " entraînés " pour donner des " informations correctes " sur les produits, qu'ils évoquent toujours des rendements possibles selon divers paramètres forcément fluctuants et que le site Internet fournit les explications détaillées en toute transparence. " Beaucoup de clients se mordent les doigts aujourd'hui ", regrette pourtant Emmanuel Gérard. " Au final, tous ceux qui se sont laissé berner réalisent qu'ils ont perdu de l'argent. "Test-Achats a dénoncé ces pratiques pour publicité mensongère, le SPF Economie en a informé la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) qui a ouvert un dossier. Suite à ces plaintes, elle " fait un examen approfondi du processus de vente " des produits de Hamburg-Mannheimer. Emmanuel Gérard continue, quant à lui, de réunir les témoignages de clients en colère, qui estiment avoir été abusés dans leur confiance, en espérant qu'ils pourront servir, un jour, à intenter une action en justice contre la compagnie. GRÉGOIRE COMHAIRE