Enfin, une fumée blanche, dans le long et douloureux dossier de l'après-Sabena. La nouvelle compagnie aérienne belge, qui perdra, à terme, son appellation de DAT, dispose désormais des moyens financiers nécessaires pour prendre son envol. A l'issue d'interminables négociations, les 53 créanciers du SIC, le centre financier de l'ex-groupe Sabena, ont en effet décidé à l'unanimité d'effacer la moitié de la créance de 110 millions d'euros (4,4 milliards de francs) qu'ils détenaient sur la DAT, et de convertir l'autre moitié en actions de la nouvelle compagnie.
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Enfin, une fumée blanche, dans le long et douloureux dossier de l'après-Sabena. La nouvelle compagnie aérienne belge, qui perdra, à terme, son appellation de DAT, dispose désormais des moyens financiers nécessaires pour prendre son envol. A l'issue d'interminables négociations, les 53 créanciers du SIC, le centre financier de l'ex-groupe Sabena, ont en effet décidé à l'unanimité d'effacer la moitié de la créance de 110 millions d'euros (4,4 milliards de francs) qu'ils détenaient sur la DAT, et de convertir l'autre moitié en actions de la nouvelle compagnie.Air Holding, le groupement d'investisseurs privés (entreprises diverses) et publics (sociétés régionales d'investissement wallonne et bruxelloise) qui a racheté la DAT pour 1 euro, à la fin du mois de décembre, peut désormais procéder à l'augmentation de capital nécessaire pour assurer l'assise financière de la jeune compagnie. Maurice Lippens et Etienne Davignon peuvent légitimement soupirer d'aise. C'est essentiellement grâce à ces deux limiers de la finance qu'un capital de 180 millions d'euros (7,2 milliards de francs) a été réuni pour alimenter la nouvelle compagnie. Les deux hommes, qui se sont battus comme des diables pour faire aboutir ce projet et limiter la casse économique et sociale provoquée par la faillite de la Sabena, s'apprêtent désormais à passer le relais à Rob Kuijpers, le président de la DAT.Les derniers obstaclesMais, si l'essentiel est fait, l'horizon n'est pas encore totalement dégagé. Un seul obstacle reste à franchir, dès lors que le tribunal de commerce de Bruxelles a renoncé à se prononcer sur une éventuelle faillite du SIC, après avoir pris acte de l'accord de ses créanciers et de leur souhait de procéder à la mise en liquidation de l'entreprise. Les autres filiales de la Sabena, comme Sabena Technics et Sobelair, toujours endettées vis-à-vis du SIC, apprécieront le geste à sa juste mesure. La dernière étape délicate du projet DAT est européenne. La Commission doit encore se prononcer sur la conformité du plan de relance de la compagnie aérienne avec les règles européennes, et plus particulièrement sur l'injection de capitaux publics dans le projet. Ce feu vert obtenu, la compagnie pourra réellement prendre son envol, d'abord pour une trentaine de destinations exclusivement européennes. A moyen terme, si le plan industriel du transporteur est respecté (l'équilibre financier est prévu pour 2003), quelques villes africaines devraient s'ajouter à la liste des destinations couvertes. Dans ce cas, les quelque 1 500 employés de la DAT pourraient recevoir du renfort. Tout dépendra des négociations avec la compagnie à bas prix Virgin Express, en vue d'une éventuelle fusion. Tandis qu'au Parlement les 15 députés de la commission d'enquête chargée d'établir les responsabilités qui ont mené à la faillite de la Sabena entament leurs travaux, de grandes compagnies internationales se pourlèchent les babines. British Airways, par exemple, qui pourrait envisager de jeter son dévolu sur la nouvelle compagnie belge. Délestée, il est vrai, d'un bien encombrant passé.Laurence van Ruymbeke