Une ancienne campagne avec une grande ferme carrée, un chien dans la cour et des gens qui regardent discrètement derrière leurs carreaux fumés. Un village jadis paisible où cohabitaient quelques maisons autour d'une église et qui s'est urbanisé au profit de grosses villas construites sur des terrains trop petits. Abritée dans l'une des ailes de la ferme, la maison de Christian Panier semble avoir été épargnée. C'est qu'elle se cache un brin. Au bout d'un chemin de terre, derrière une grille, après avoir franchi des arbres et traversé un jardin tout mouillé, nous découvrons l'ancien magistrat qui nous accueille sur sa terrasse recouverte de dizaines de pots de fleurs prêts pour l'hiver. Maille fine lie de vin, pantalon cognac en velours côtelé et lunettes posées sur le nez... L'ensemble fait songer à du Saint Laurent, version gentleman farmer, version Namur mais en plus chic. Slalomant entre les pots, notre hôte fait admirer ses géraniums qui, malgré la saison, persistent à fleurir. Il s'exclame : " Des fleurs en hiver, mais où va le monde ? " avant de nous entraîner dans son salon, disposé comme un gros cocon.
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