J'ai été proprement scandalisé par l'article de Sophie Marlet, intitulé : " Internistes : il y a urgences ! ", paru dans le Vif/L'Express du 9 janvier. En effet, maître de stage en chirurgie durant de nombreuses années, j'aurais pu espérer, sur le sujet difficile des assistants en formation, des considérations sérieuses et objectives, à charge et à décharge, si nécessaire, et non des élucubrations uniquement inspirées par un non-médecin, ignorant des aspects pratiques de l'assistanat médical (...). Nous sommes atterrés par l'amalgame permanent qu'il dénonce entre stagiaires (étudiants en médecine, effectuant des stages obl...

J'ai été proprement scandalisé par l'article de Sophie Marlet, intitulé : " Internistes : il y a urgences ! ", paru dans le Vif/L'Express du 9 janvier. En effet, maître de stage en chirurgie durant de nombreuses années, j'aurais pu espérer, sur le sujet difficile des assistants en formation, des considérations sérieuses et objectives, à charge et à décharge, si nécessaire, et non des élucubrations uniquement inspirées par un non-médecin, ignorant des aspects pratiques de l'assistanat médical (...). Nous sommes atterrés par l'amalgame permanent qu'il dénonce entre stagiaires (étudiants en médecine, effectuant des stages obligatoires, dans le cadre de leur formation) et les assistants (docteurs en médecine en voie de spécialisation). (...) Les témoignages dont [l'ADDMF] se sert sont uniquement le fait de mauvais stagiaires (et non d'assistants), déçus et revendicatifs (...). Cependant, plusieurs problèmes rendent la problématique des assistants en spécialisation particulièrement difficile : le numérus clausus qui limite le nombre d'assistants ; la pénurie d'assistants détenteurs d'un diplôme belge, qui nécessite l'engagement d'assistants étrangers de formation souvent insuffisante ; la féminisation des spécialités médicales qui pose de sérieux problèmes d'organisation et d'horaires ; l'augmentation exponentielle des procédures judiciaires à l'encontre des médecins spécialistes qui doivent sans cesse contrôler le travail des assistants (...). Malgré cela, les cliniques et les maîtres de stage essaient de respecter les règlements de la loi Colla (limitation et respect des horaires de travail des assistants), tout en s'efforçant de maintenir une médecine de qualité. Mais, à ma connaissance, c'est un mensonge d'affirmer que des assistants effectuent 48 heures de prestations d'affilée sans repos ! (...) Ce n'est pas la prétendue surcharge de travail des assistants qui risque de mettre la population en danger, mais bien la surcharge de travail des spécialistes responsables, obligés de pallier les absences légales des assistants. Il est, hélas, venu le temps où les assistants ont davantage de droits que de devoirs (...). L'avenir, comme spécialiste, leur apprendra que leurs horaires et les réalités sur le terrain, en tant que spécialiste reconnu, seront bien éloignés des exigences de la loi Colla. (...). Lire l'intégralité du texte sur levif.beL'intervention du Dr Vielle illustre les divergences de points de vue qui règnent entre les futurs docteurs et leurs formateurs. Laurent Hermoye, président de l'Association pour la Défense des Droits des Médecins en Formation, n'a pas été la seule personne entendue dans la réalisation de cette enquête, ce sont principalement les témoignages d'assistants, motivés et passionnés, qui ont enrichi ce papier. Et c'est leur volonté de faire en sorte que leur pratique de la médecine (vocation) se fasse dans les meilleures conditions possibles qui devait être soulignée. En aucun cas, cette enquête n'avait pour unique but de remettre en question la pratique de la médecine en Belgique, une des meilleures qui soit, mais bien d'ouvrir le débat. n Dr G. Vielle, Bruxelles;S.M.