Lancée en 1991, la Fureur de lire est désormais un rendez-vous attendu. Rencontres avec des auteurs et illustrateurs, lectures à voix haute, expositions, promenades, concerts, ateliers d'écriture, bourses aux livres... En tout, quelque 500 animations à découvrir près de chez soi, à Bruxelles et en Wallonie. Pour vous y inciter, des " ambassadeurs de la lecture " déambuleront dans les rues. La bonne nouvelle propagée par ces missionnaires du livre ? Lecteurs, vous n'êtes pas seuls ! " La lecture est une activité créatrice de lien social. En lisant, non seulement on rencontre l'univers d'un auteur mais on peut aussi partager avec d'autres ce qu'on a aimé ", commente Martine Garsou, directrice du Service général des Lettres et du livre de la Communauté française.
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Lancée en 1991, la Fureur de lire est désormais un rendez-vous attendu. Rencontres avec des auteurs et illustrateurs, lectures à voix haute, expositions, promenades, concerts, ateliers d'écriture, bourses aux livres... En tout, quelque 500 animations à découvrir près de chez soi, à Bruxelles et en Wallonie. Pour vous y inciter, des " ambassadeurs de la lecture " déambuleront dans les rues. La bonne nouvelle propagée par ces missionnaires du livre ? Lecteurs, vous n'êtes pas seuls ! " La lecture est une activité créatrice de lien social. En lisant, non seulement on rencontre l'univers d'un auteur mais on peut aussi partager avec d'autres ce qu'on a aimé ", commente Martine Garsou, directrice du Service général des Lettres et du livre de la Communauté française. Durant ces cinq jours, les lecteurs de toute confession sont donc invités à approcher leurs frères de sang - bibliothécaires, libraires, éditeurs et, bien sûr, auteurs. " La Fureur de lire est un moment phare qui permet de valoriser ce qui est organisé durant toute l'année par les librairies et les bibliothèques. " Les animations autour du livre dépassent en effet de loin la parenthèse automnale de la Fureur, ainsi que le montrent les statistiques établies par la Communauté française. " Le nombre d'animations en bibliothèque a explosé ces dernières années. En 2007, on en recensait près de 33 000. Quant au nombre de participants, il est passé de 335 000 en 2003 à 604 000 en 2007. " Une tendance forte qui s'explique notamment par les multiples partenariats mis en place avec les écoles, les centres culturels ou encore les centres d'alphabétisation. Si la Fureur se veut un événement pour petits et grands, il reste que le jeune public sera particulièrement gâté. Désormais bien connu des enseignants, le concours " La Petite Fureur " propose par exemple aux 3-13 ans de prolonger la lecture par une réalisation de leur cru. " La Fureur s'adresse à tous les lecteurs, mais il est vrai que beaucoup d'activités sont destinées à la jeunesse : il est évident que tout commence là, souligne Martine Garsou. A la limite, il faut sensibiliser les jeunes dès le berceau... " Or, pour qui est désireux de toucher le jeune public, la présence sur la Toile est aujourd'hui plus qu'incontournable. D'où l'idée de déployer une véritable chaîne de lecture sur Internet baptisée " Lectomaton ". Le principe est simple : chacun est invité à se filmer, par exemple au moyen d'une webcam ou d'un téléphone portable, lisant un extrait de son livre " coup de c£ur " pendant environ une minute. Après avoir été envoyé par courriel, la vidéo sera visible sur YouTube ou Dailymotion. Depuis son lancement lors de la Fureur 2008, le Lectomaton comptabilise actuellement 300 mises en ligne. Des classes d'élèves, des bibliothécaires, des écrivains (lisant généralement leur propre livre) et même des détenus s'y sont déjà collés. " Notre objectif est que le Lectomaton soit alimenté tout au long de l'année, indépendamment de nous, explique Laurence Ghigny, coordinatrice de la Fureur de lire. C'est pourquoi nous lançons aussi cette année un concours pour récompenser les Lectomaton qui auront été les plus visionnés. " Une carotte qui donne envie de sortir du lot de l'élocution ronronnante pour se plier aux plus folles mises en scène. " Nous filtrons les vidéos à contenu injurieux, raciste ou sans rapport avec l'initiative, mais, pour le reste, c'est totalement libre, précise-t-elle. Le Lectomaton peut aussi servir à dire pourquoi on n'a pas aimé un livre ! " Nous voilà donc rassurés : le lecteur en Fureur a aussi le droit d'être un lecteur furieux... En revanche, si sympathique que soit l'initiative, on ne peut s'empêcher de se demander si le Lectomaton ne fait pas figure de goutte d'eau dans l'océan multimédia où se débat le livre. " Il y a une conscience claire de l'importance de la révolution Internet au sein de l'administration et du ministère de la Culture. Beaucoup de choses sont à développer de ce côté-là ", reconnaît Martine Garsou. Pour que la Fureur parte véritablement à la conquête des réseaux sociaux et de la Toile, il faudra donc patienter encore un peu... Fête de tous les lecteurs, la Fureur se veut aussi celle de toutes les lectures. " Il peut s'agir du livre d'essai, du roman, du livre de jeunesse, de la BD et même du journal. Notre volonté est d'englober tout type de support. Nous ne véhiculons pas une vision légitimante. " Légitimante sans doute pas, mais belge, certainement. " Nous mettons souvent à l'honneur des invités du cru. Les rencontres avec les auteurs belges sont plus faciles à organiser et correspondent aussi à notre objectif de proximité. " Des rendez-vous littéraires qui continuent à fasciner, ne fût-ce que parce qu'ils corroborent l'hypothèse (!) que les auteurs sont des personnes bien réelles. Au point que certains lecteurs se demandent s'ils ne pourraient pas s'y mettre, eux aussi... Cela tombe bien : pour ceux que la plume démange, un concours international d'écriture pour adolescents est, comme chaque année, lancé en collaboration avec la Fureur de lire. Quant à ceux qui ont passé l'âge, ils pourront tenter leur chance lors du " concours de nouvelles de la Communauté française ", anciennement " concours de nouvelles de la Fureur de lire ". " Nous avons changé la formule pour que les participants aient l'occasion de travailler leur projet dans les ateliers d'écriture soutenus par la Communauté française. Les lauréats sélectionnés auront d'ailleurs l'occasion de peaufiner leur texte auprès de professionnels avant la remise définitive. "On sait qu'aux Etats-Unis ou au Canada les ateliers d'écriture (" creative writing ") sont intégrés depuis longtemps aux cursus universitaires littéraires. La désacralisation de l'écriture commencerait-elle à éclore aussi sur nos terres ? " Les ateliers d'écriture rencontrent de plus en plus de succès. Il y a un intérêt grandissant pour l'écriture en tant que pratique amateur, tout comme l'on peut s'adonner, par exemple, à la danse en amateur. Les ateliers d'écriture peuvent aussi s'adresser à des publics en difficulté ou qui ne maîtrisent pas la langue comme c'est le cas des 15 % d'analphabètes fonctionnels que l'on compte chez nous. S'approprier le langage, s'apercevoir que l'on est capable de produire un texte, une fiction, est quelque chose d'extrêmement valorisant. " Alors, lire ou écrire, ne choisissez plus. A vos bouquins. Et furieusement. Toutes les infos sur les concours, le Lectomaton et le programme complet des activités sur www.fureurdelire.cfwb.be JULIE LUONGLa désacralisation de l'écriture commencerait-elle à éclore Chez nous ?