Frédéric Lugentz est discret, ça ne date pas d'hier. En 2003, Le Vif/ L'Express l'avait rencontré dans son bureau de jeune juge d'instruction au palais de justice de Bruxelles. Souriant, investi, modernisateur mais sans photos ni anecdotes à disposition, il présentait un profil parfaitement lisse. Une tombe. Un monument de discrétion. Ses proches savent qu'il défend farouchement sa vie privée et font bloc autour de celle-ci, pourtant sans mystère. Sans enfant, sa compagne est une interprète originaire d'un ancien pays de l'Est. Il revient régulièrement à Malmedy, sa ville natale, et pratique le ski en Suisse. Lugentz est l'antithèse des juges d'instruction qui ne détestent pas jouer les cowboys dans le parterre des puissants. Une sorte d'anti-Claise, néanmoins conscient, comme ce dernier, des instruments en son pouvoir et n'hésitant pas à les utiliser. Sauf, peut-être, celui des médias, que Frédéric Lugentz redoute, parce qu'il ne les connaît pas bien.
...