Premier moment fort de ce Happy Birthday Dear Academie ? L'exposition présentée au MAS - Museum aan de Stroom. Le parcours, composé d'oeuvres d'anciens élèves passés à la postérité, insiste sur la résistance de l'institution. Sans jamais faiblir, l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers a survécu à de nombreux bouleversements politiques, sociaux et artistiques. Plus loin, c'est toute l'ambiguïté de sa position - tiraillée entre tradition et modernité - qui est évoquée. Assurant la transmission des connaissances, l'école est aussi une plate-forme d'échanges d'idées progressistes avec quelques fois des théories révolutionnaires voulant rompre avec le passé... Dès lors, les courants - baroque, néoclassicisme, romantisme et autres - se succèdent non sans heurts. Dans ce contexte riche et mouvementé, l'enjeu de l'Académie semble encore et toujours être " la poursuite sans cesse actualisée d'une tradition qui ne fait que s'enrichir ". Par conséquent, toutes les festivités seront placées sous les signes de la tradition...

Premier moment fort de ce Happy Birthday Dear Academie ? L'exposition présentée au MAS - Museum aan de Stroom. Le parcours, composé d'oeuvres d'anciens élèves passés à la postérité, insiste sur la résistance de l'institution. Sans jamais faiblir, l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers a survécu à de nombreux bouleversements politiques, sociaux et artistiques. Plus loin, c'est toute l'ambiguïté de sa position - tiraillée entre tradition et modernité - qui est évoquée. Assurant la transmission des connaissances, l'école est aussi une plate-forme d'échanges d'idées progressistes avec quelques fois des théories révolutionnaires voulant rompre avec le passé... Dès lors, les courants - baroque, néoclassicisme, romantisme et autres - se succèdent non sans heurts. Dans ce contexte riche et mouvementé, l'enjeu de l'Académie semble encore et toujours être " la poursuite sans cesse actualisée d'une tradition qui ne fait que s'enrichir ". Par conséquent, toutes les festivités seront placées sous les signes de la tradition et de la modernité. Mélangeant joyeusement les genres et les époques, l'accrochage encourage le dialogue entre maîtres classiques et anciens élèves plus contemporains. Ainsi, des artistes comme Jacob Jordaens, David II Teniers, Vincent Van Gogh et Laurens Alma Tadema dialoguent-ils avec les Panamarenko, Fred Bervoets, Anne-Mie Van Kerckhoven... Dans la foulée, on découvre la reconstruction créative de la salle d'apparat de l'Académie au XVIIe siècle. Voyage dans le temps éclair mais efficace. Plus loin, des étudiants dessinent d'après des modèles vivants. Entre les deux, un " Golden Wall " : mur qui évoque 350 ans d'art à Anvers sous ses formes les plus variées. Soit quatre siècles d'artistes renommés : Emile Claus, Vincent Van Gogh, Floris Jespers, Jef Lambeaux, Panamarenko, Luc Tuymans, Henry Van de Velde, Antoine Wiertz, Jan Fabre... Tous sont passés par l'école anversoise ! Non content de retracer l'histoire et le palmarès invraisemblable de l'Académie, le parcours propose également une réflexion sur des questions telles que : " L'Art est-il un artisanat ou une science ? ", " L'Art doit-il être beau ? ", " Est-on né artiste ou le devient-on ? " Thématiques dont on ne se lasse jamais. Fondée en 1663, l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers compte parmi les plus anciennes écoles d'art du monde occidental. La quatrième, après celles de Florence, Rome et Paris. Créée à l'initiative du peintre David Teniers le Jeune, cette " académie publique et libre " permet la transmission des connaissances dans un cadre plus théorique. Seconde ambition, placer Anvers sur la carte mondiale de l'art. Objectif atteint ! Des générations de peintres, de sculpteurs, d'architectes puis de graveurs et de graphistes ont été formées jusqu'à voir défiler les premiers stylistes... Né il y a cinquante ans, le département Mode dispense une formation de très haute qualité reconnue aujourd'hui parmi les plus prestigieuses de la planète (lire aussi Le Vif Weekend du 6 septembre). Splendide prétexte, ce double anniversaire permet à la cité scaldienne d'afficher toute sa fierté. À cette occasion, le MAS, le MoMu, le MRBA d'Anvers et Antwerpen Open font cause commune pour afficher et réaffirmer haut et fort leur attachement à l'académie. Y compris extra muros où fleurissent de nombreuses initiatives faisant définitivement battre le coeur de la ville au rythme de l'académie. Autre idée largement exploitée : les interactions entre l'Académie et la Ville d'Anvers. Ce n'est pas un secret : la renommée et la qualité de l'école sont étroitement liées à la portée sociale et culturelle de la ville et à son prestige sur la scène internationale. Dès lors, aux grandes expositions du MAS et du MoMu, où un bel espace est réservé aux créations de mode des célèbres Six d'Anvers, s'ajoutent une série d'initiatives débordant sur la rue. Le collectif HELD (Wilfried Huet, Dirk Engelen, Stella Lohaus, Isabel Devriendt) a imaginé un parcours partant de la St-Paulusplaats à la Kerkstraat (en prenant soin de passer par des endroits plus confidentiels) nous menant à la découverte de huit artistes diplômés depuis 2000. Chacun s'est vu charger de la réalisation d'une oeuvre monumentale en lien avec l'espace public dans laquelle elle est amenée à évoluer. Soit une conception en lien étroit avec le tissu social environnant. Toujours en plein air, des Fashion Totems. Des stylistes ultra-renommés diplômés de l'Académie ont choisi une pièce significative de leur collection, évocatrice de leur passion. Ces opus ont été interprétés par la maquilleuse artistique Inge Grognard, le créateur de mode Dirk van Saene (un des Six d'Anvers) et le photographe Ronald Stoops. Le résultat, reproduit sur de gigantesques structures, est exposé en divers endroits de la ville. Un circuit permettant de découvrir l'histoire derrière ces pièces, les stylistes et les lieux. MAS - Museum aan de Stroom, 1, Hanzestedenplaats, à 2000 Anvers. www.mas.be Jusqu'au 26 janvier 2014. MoMu - Musée de la Mode de la Province d'Anvers, 28, Nationalestraat, à 2000 Anvers. www.momu.be. Jusqu'au 16 février 2014.Par Gwennaëlle Gribaumont