Comme Henry Stanley ou Thierry Michel avant lui, Kris Pannecoucke, photographe flamand indépendant qui connaît bien le pays puisqu'il y est né et y a grandi, a remonté le fleuve Congo sur des milliers de kilomètr...

Comme Henry Stanley ou Thierry Michel avant lui, Kris Pannecoucke, photographe flamand indépendant qui connaît bien le pays puisqu'il y est né et y a grandi, a remonté le fleuve Congo sur des milliers de kilomètres, depuis son embouchure jusqu'aux Bangweulu Wetlands, la source la plus reculée. Un voyage dans le temps, les vestiges rouillés du passé colonial s'entassant encore sur les berges, un voyage dans le présent aussi, au coeur d'une société congolaise aux mille visages. Sapeurs kinois, paysans, petits commerçants, pêcheurs, marabouts, danseurs, nouveaux riches... Sous l'oeil bienveillant et organique du photographe défile une population active en osmose complète avec la végétation luxuriante. Si la misère affleure ici et là, c'est surtout le génie de la débrouille que mettent en scène ces images aux teintes sourdes qui ont souvent la fulgurance des scènes bibliques. De quoi nourrir encore plus de regrets de voir le pays s'enfoncer régulièrement dans le chaos. Il a tout pour être un paradis sur Terre.