Optimisme, mais mesuré. Si l'on s'en tient au message relayé il y a quinze jours par les notaires de la capitale, lors de la présentation des chiffres de 2008, il n'y aurait aucune raison de sombrer dans la " sinistrose ". Certaines communes comme Forest, Ixelles ou Etterbeek auraient vu le prix moyen de leurs maisons unifamiliales piquer un peu du nez en 2008 ; et la palme revient, de ce point de vue, à Koekelberg, avec un gros bond en arrière à 212 000 euros. Mais d'autres entités, Saint-Gilles, Berchem-Sainte-Agathe et Bruxelles-Ville en tête, se sont, quant à elles, plus que maintenues.
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Optimisme, mais mesuré. Si l'on s'en tient au message relayé il y a quinze jours par les notaires de la capitale, lors de la présentation des chiffres de 2008, il n'y aurait aucune raison de sombrer dans la " sinistrose ". Certaines communes comme Forest, Ixelles ou Etterbeek auraient vu le prix moyen de leurs maisons unifamiliales piquer un peu du nez en 2008 ; et la palme revient, de ce point de vue, à Koekelberg, avec un gros bond en arrière à 212 000 euros. Mais d'autres entités, Saint-Gilles, Berchem-Sainte-Agathe et Bruxelles-Ville en tête, se sont, quant à elles, plus que maintenues. De fait, si l'on se réfère aux chiffres délivrés par la profession - chiffrés basés, il faut le rappeler, sur des prix obtenus et non pas affichés - la valeur moyenne des maisons mitoyennes classiques aurait enregistré un léger recul de 2 % pour l'ensemble de la Région (à 368 000 euros). Pas de quoi s'affoler pour les propriétaires, après les hausses à répétition. " Sur cinq ans, on constate tout de même un bond de 38 %, ce qui fait 7 % de plus-value annuelle. L'immobilier reste un bon placement ", rassurent les notaires. Sauf que le délai entre la négociation du compromis et la signature de l'acte, s'il tend à se raccourcir, n'en reste pas moins compté en mois (hors ventes publiques). Et les derniers chiffres analysés par les notaires, pour 2008, proviennent, pour la plupart, de compromis négociés avant ou peu après la forte détérioration, en septembre/octobre, de l'économie mondiale, belge y comprise. Peu rassurant : le dernier trimestre 2008 marquait déjà une baisse considérable dans les données notariales. " Les compromis de vente signés à la fin 2008 n'ont effectivement pas été comptabilisés. Mais, en été, les prix sont souvent moins bons ", nuance le notaire Robert Langhendries pour expliquer que le marché n'est pas un long fleuve annuel tranquille. Active sur le marché du sud de Bruxelles, la courtière Renée Lewkowicz (Lecobel) apporte sa pierre à l'analyse : " Il est vrai que nous avons connu une légère baisse sur les trois derniers mois de l'année 2008. Novembre, en particulier, s'est révélé très mauvais. Mais les affaires reprennent depuis janvier. " Argument avancé par Renée Lewkowicz : après le KO infligé par l'affaire Fortis à la confiance des candidats-acquéreurs, ceux-ci se retourneraient au final vers l'immobilier traditionnel, valeur refuge et encore sécurisée. Active principalement dans les communes plus aisées de la capitale, la courtière ne sera pas surprise d'apprendre que, d'après les données des notaires, c'est toujours Uccle qui mène la danse au niveau des maisons unifamiliales (587 000 euros), devant Woluwe-Saint-Pierre (511 000 euros) et Bruxelles-Ville (507 000 euros). Koekelberg ferme la marche, nous l'avons vu, devant Molenbeek, où le prix moyen de ce type de bien a été fixé, pour 2008, à 229 000 euros. En clair, comme à l'accoutumée, les bourses moins fournies ont tout intérêt à aller fureter de l'autre côté du canal pour dégoter un toit encore remboursable sur une vie. Restons dans le nord de Bruxelles. " Contrairement à ce qu'on entend souvent, les banques recommencent à prêter de l'argent ; elles en ont besoin pour relancer la machine. Mais ce qui est sûr, c'est qu'emprunter plus de 100 % de la somme est devenu presque impossible ", assure l'agent Patrick Balcaen, très présent dans les communes septentrionales de la capitale. Des communes qui, d'après les notaires, auraient pour la plupart bu la tasse en 2008. Et quand on fait remarquer à Me Langhendries que les marchés de Koekelberg et de Ganshoren sont si restreints qu'ils sont forcément sujets à des variations plus importantes, le notaire rétorque : " Le lissage a été effectué par notre statisticien de l'UCL, qui a donc retiré automatiquement les valeurs extrêmes qui auraient pu influencer trop fortement les moyennes. Quand on dit qu'une maison valait, en moyenne, 212 000 à Koekelberg en 2008, on peut se fier à ces estimations. "La question suivante se pose dès lors : le fameux rattrapage Nord-Sud, dont on a si souvent parlé au cours de ces trois ou quatre dernières années, est-il occupé à s'essouffler ? " Effectivement, il semblerait que si les communes du sud de Bruxelles, c'est-à-dire les communes les plus chères, restent stables, leurs voisines du nord plafonnent pour la plupart. Une explication ? " Intuitivement, je dirais que, comme les prix deviennent plus stables, il y a peut-être un retour vers les communes du Sud. Le refuge dans les communes du Nord aurait donc cessé ", avance Robert Langhendries. Impliqué au jour le jour dans des transactions effectuées sur la zone, Patrick Balcaen nuance : " La demande reste importante dans le nord de Bruxelles. Mais il est vrai que nous ne voyons pas beaucoup de candidats-acquéreurs issus du Sud qui franchissent le canal. Qui reste manifestement une frontière psychologique. "Toujours d'après Patrick Balcaen, il faudrait compter, début 2009, avec des chutes de prix allant de 10 à 15 %. Concrètement : " On trouve actuellement à 280 000 euros des maisons qui se seraient vendues à 320 000 auparavant. " Voit-on poindre, pour un temps, la fin du règne de la valeur de convenance ? Le notaire Gaëtan Bleeckx le souhaite : " Je peux en témoigner : durant la période d'euphorie, une famille s'est offert une maison en dix-huit minutes, un samedi matin. " Un temps qui serait bel et bien révolu en ce moment, la patience semblant être une vertu à nouveau permise aux acheteurs. " Il y a toujours beaucoup de demandes, beaucoup de visites, mais c'est plus difficile à concrétiser. Les propriétaires ne s'adaptent pas aux attentes des acheteurs qui, voyant ce qui est écrit dans la presse, ont l'impression qu'ils peuvent trouver l'affaire du siècle au coin de la rue. Ils se heurtent aux propriétaires qui ne veulent pas encore brader leurs prix ", estime Renée Lewkowicz. Qui s'interroge : " Comment se fait-il qu'actuellement les appartements anciens se vendent quasiment au même prix que le neuf ? " Tentative de décodage : les promoteurs, touchés comme beaucoup par la crise, seraient plus enclins à rationaliser leurs tarifs que les propriétaires, qui n'ont pas encore tous pris le pli de l'évolution du marché. D'après les statistiques fournies par les notaires, ce seraient les appartements sur le marché secondaire (surtout les flats/une chambre et les trois-chambres) qui auraient connu les augmentations les plus significatives en 2008, à Bruxelles. Ceci expliquant peut-être cela. G.V.