Ce 14 janvier, le parlement wallon a engagé la procédure dite en conflit d'intérêts qui écartera, pour quelques mois encore, l'examen, à la Chambre, de la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). C'est la troisième fois que ce procédé est utilisé depuis le coup de force des Flamands qui ont voté unilatéralement la " splitsing " en commission de l'Intérieur de la Chambre, le 7 novembre 2007. Mais le MR a jugé hâtive cette décision prise par le PS : il aurait préféré attendre une nouvelle " agression flamande " pour réagir. Première fausse note : le nord du pays s'amuse toujours des dissensions francophones.
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Ce 14 janvier, le parlement wallon a engagé la procédure dite en conflit d'intérêts qui écartera, pour quelques mois encore, l'examen, à la Chambre, de la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). C'est la troisième fois que ce procédé est utilisé depuis le coup de force des Flamands qui ont voté unilatéralement la " splitsing " en commission de l'Intérieur de la Chambre, le 7 novembre 2007. Mais le MR a jugé hâtive cette décision prise par le PS : il aurait préféré attendre une nouvelle " agression flamande " pour réagir. Première fausse note : le nord du pays s'amuse toujours des dissensions francophones. Quant au président du parlement wallon, José Happart (PS), il s'était d'abord interrogé sur l'intérêt pour sa Région d'intervenir dans le dossier, avant d'être sommé par son président de parti de s'exécuter. Ce manque de solidarité entre Wallons et Bruxellois a résonné comme une deuxième fausse note : car si, demain, on scinde BHV, les francophones de Bruxelles auront besoin des Wallons pour échapper à leur enclavement en Flandre. Et, après-demain, en cas de " splitsing " de la Belgique, c'est la Wallonie qui comptera sur Bruxelles pour maintenir son niveau de vie. Moins nombreux que les Flamands, Wallons et Bruxellois, ensemble, sont plus riches : leur PIB par habitant s'élève à 26 330 euros pour 25 734 en Flandre (chiffres de 2006), selon le tout récent rapport des Etats-généraux de Wallonie. Par ailleurs, il ne devrait avoir échappé à personne que les 20 ans de la Région bruxelloise, célébrés le 12 janvier dernier, ont été passés quasi sous silence par la presse néerlandophone. Or, face à des Flamands qui n'ont jamais vraiment accepté la création sur leur territoire de la Région bruxelloise, son ministre-président, Charles Picqué (PS), a commis l'impair de déclarer, à cette occasion, qu'il ne croyait pas à son élargissement. Troisième fausse note. En pleine crise communautaire, on avait déjà connu les francophones plus combatifs ! La bonne gouvernance plaide pour un élargissement de la Région bilingue de Bruxelles-Capitale, qui permettrait de renforcer la solidarité avec la Wallonie, de constituer un ensemble socio-économique plus cohérent, d'agrandir son assiette fiscale, de consacrer le respect des droits linguistiques d'un plus grand nombre de francophones, sans léser les droits linguistiques des néerlandophonesà Seul le diktat flamand lié au droit du sol empêche toute discussion. S'il s'agit d'une tactique des francophones consistant à ne pas jeter de l'huile sur le feu communautaire, elle a ses limites. Que craignent-ils ? Il ne faut pas tomber dans le piège flamand d'une Belgique confédérale à deux Communautés, réduite à une coquille vide sans plus guère de solidarité. Une telle option favoriserait la " flamandisation " de Bruxelles, permettrait au Nord de continuer de se servir à l'étranger des étiquettes belge et bruxelloise, pour s'enrichir sur le compte de l'Etat fédéral. En revanche, la Flandre a tout à craindre d'une solidarité plus grande entre la Wallonie et Bruxelles. Ce scénario de 2 contre 1 est notre seul atout. Il n'est plus temps d'improviser. Ni de jouer faux. lRédactrice en chef