[...] On ne peut que saluer le courage de madame May qui refuse, par principe, de désavouer le vote émis par sa population sur le Brexit. Mais le risque de déclin est dorénavant bien réel pour le Royaume-(dés)Uni. Nos bienfaiteurs de 1914-1945 méritent mieux. [...]
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[...] On ne peut que saluer le courage de madame May qui refuse, par principe, de désavouer le vote émis par sa population sur le Brexit. Mais le risque de déclin est dorénavant bien réel pour le Royaume-(dés)Uni. Nos bienfaiteurs de 1914-1945 méritent mieux. [...] Au-delà des impératifs économiques, il y a le besoin de préserver, épanouir et partager au mieux avec le reste du monde les valeurs qui font notre identité européenne. Car l'Europe ce n'est pas seulement un espace géographique. C'est aussi, il est vrai, un long héritage de conflits tenaces et de guerres cruelles. C'est, avant tout, une quête permanente de sens et de normes pour l'existence, une recherche, parfois mouvementée, des meilleures formes du vivre-ensemble, le culte du beau dans l'architecture, les arts, bref l'ascension vers un humanisme hérité pour l'essentiel de la Grèce antique et porté par un épanouissement religieux et philosophique sans pareil. C'est Churchill, le plus britannique des Britanniques - paradoxe de l'histoire - qui, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, lance le message : seule une Europe unie nous permettra de survivre et prospérer dans des conditions dignes de notre conception de l'humanité, celles précisément pour la défense desquelles nous avons été entraînés dans les carnages du xxe siècle. " There is no alternative ", déjà, même si Churchill ne l'a pas dit en ces termes. [...] Est-ce dire que la construction européenne est parfaite ? De toute évidence, elle est sujette à bien des améliorations. Principalement pour arriver à harmoniser au niveau européen l'essentiel sans sacrifier tout ce qui fait la diversité de nos contrées et leurs sensibilités particulières, souvent profondément enracinées. Surtout, elle est trop lente et toujours inachevée. Essayons de ne pas confondre l'essentiel et l'accessoire ! L'essentiel, c'est de se savoir citoyen de la nation Europe, passage obligé pour espérer influer un tant soit peu sur le devenir de l'humanité, voie privilégiée pour l'épanouissement - à terme, la survie - de nos chers pays issus de l'histoire mais qui, isolés, n'ont ni les ressources économiques ni le potentiel humain pour assurer une prospérité satisfaisante et un progrès humain digne de nos ancêtres. Dans un avenir plus lointain, l'Europe sera peut-être un instrument d'évolution pacifique pour les communautés et régions qui se disent asphyxiées par un Etat-nation qu'elles contestent et sont impatientes de quitter. Ainsi soit mis en exergue le common sense cher à madame Thatcher, fût-ce à contresens de ce qu'elle prônait en fin de carrière. Têtue mais intelligente, qui sait si, revenue dans le monde d'aujourd'hui, elle n'approuverait pas la démarche. A contrecoeur peut-être.