Lorsqu'ils la perçoivent pour la toute première fois, ils sont nombreux, les " jeunes retraités ", à tomber des nues en découvrant, sur leur compte bancaire, la faiblesse du montant de leur pension légale. Surtout lorsqu'ils la comparent avec leur dernier salaire ! Et c'est ce constat - dans la mesure où il est partagé auprès des proches - qui explique au moins en partie pourquoi les Belges ont à ce point une brique dans le ventre et une propension à épargner parmi les plus élevées du monde. Bref, avec des pensions légales en moyenne assez basses, être propriétaire de sa propre habitation et/...

Lorsqu'ils la perçoivent pour la toute première fois, ils sont nombreux, les " jeunes retraités ", à tomber des nues en découvrant, sur leur compte bancaire, la faiblesse du montant de leur pension légale. Surtout lorsqu'ils la comparent avec leur dernier salaire ! Et c'est ce constat - dans la mesure où il est partagé auprès des proches - qui explique au moins en partie pourquoi les Belges ont à ce point une brique dans le ventre et une propension à épargner parmi les plus élevées du monde. Bref, avec des pensions légales en moyenne assez basses, être propriétaire de sa propre habitation et/ou disposer d'un peu d'épargne n'est pas du luxe. Sinon, le paiement du seul loyer a déjà de quoi plonger nombre de pensionnés dans une certaine précarité financière... Histoire donc de permettre aux retraités qui n'ont pas eu la possibilité de se constituer une poire pour la soif suffisante durant leur vie active, la députée fédérale et présidente du CPAS de Meise, Sonja Becq (CD&V), souhaiterait voir progressivement disparaître la pénalité, à savoir l'amputation partielle, voire totale, de la pension légale infligée aux retraités disposant d'un revenu professionnel allant au-delà des plafonds actuellement autorisés. Ce qui reviendrait à supprimer ces plafonds qui viennent d'être relevés. Elle souhaite permettre à ceux qui se sentent bien à leur travail de pouvoir continuer à travailler, et ce afin de maintenir intacts leurs contacts sociaux. Elle avance aussi comme argument que " des revenus supplémentaires découlant du travail produisent des recettes plus élevées pour la sécurité sociale et la fiscalité. Ils stimulent par ailleurs la consommation, ce qui est bénéfique pour la croissance économique ". " A la suite de la perte de son conjoint, le veuf ou la veuve doit accomplir un travail de deuil. En plus de ce processus émotionnel, l'époux survivant doit faire face aux répercussions financières du décès. Cette situation a incité le législateur à instaurer une pension de survie, rappelle Sonja Becq. Cependant la réglementation en la matière ne répond plus non plus aux besoins de la société d'aujourd'hui et, si le bénéficiaire d'une pension de survie veut acquérir un revenu en sus, il doit faire attention à ne pas gagner ''trop''. " Aux yeux de Sonja Becq, il s'agit là aussi d'un piège à l'emploi qui, au fond, empêche de facto la catégorie des veufs et des veuves de participer au marché du travail, ce qui contribue aussi à empêcher la Belgique de tendre vers l'objectif dit de Lisbonne, à savoir d'arriver à un taux d'emploi de 60 % pour les femmes en... 2010. " Faire disparaître ce piège à l'emploi permettrait aussi aux veufs et aux veuves - ces dernières sont plus nombreuses - de constituer des droits propres en matière de sécurité sociale et, partant, de bénéficier de pensions de retraite plus élevées, ce qui favorise incontestablement l'indépendance économique des femmes ", conclut-elle. JEAN-MARC DAMRYenjeu : laisser intacte la pension légale si le retraité gagne " trop "