Olivia Venet (NDLR : voir l'entretien qu'elle a accordé au Vif/L'Express, le 27 août dernier, en tant que présidente de la Ligne des droits humains) refuse de donner aux services de traçage des informations de contact destinées à sauver des vies, y compris la sienne. Toute personne ayant sérieusement travaillé dans l'informatique et la sécurité des bases de données connaît le ridicule de cette crainte. Le plus grand danger ne vient p...

Olivia Venet (NDLR : voir l'entretien qu'elle a accordé au Vif/L'Express, le 27 août dernier, en tant que présidente de la Ligne des droits humains) refuse de donner aux services de traçage des informations de contact destinées à sauver des vies, y compris la sienne. Toute personne ayant sérieusement travaillé dans l'informatique et la sécurité des bases de données connaît le ridicule de cette crainte. Le plus grand danger ne vient pas d'organismes officiels. Les Gafam ont bien plus d'informations sur les citoyens que les institutions incriminées. Dans celles-ci, l'information est segmentée entre différents services ou même organisations (services publics, mutuelles, entreprises, caisses d'allocations, etc.) et sous différents responsables, en respectant des critères stricts [...]. J'ajouterai, que, sans avoir dérogé à aucun principe fondamental de sécurité, j'ai trouvé sans difficulté le profil Facebook de madame Venet, où elle ne donne effectivement pas de renseignement de type privé (pas même son genre). Par contre, la liste de ses amis y apparaît sans filtre. Pour étayer mon propos, je précise que, si je suis actuellement retraitée, j'étais professeur d'analyse informatique et de bases de données à l'époque où le règlement européen sur la protection des données est sorti. J'ai étudié la question, j'ai côtoyé des développeurs qui devaient le mettre en oeuvre dans leurs services informatiques, le sujet a toujours fait partie de mes préoccupations. Le fait est que la plupart des brèches qui peuvent y être exploitées sont le fait des utilisateurs eux-mêmes, qui consentent à recevoir des cookies et acceptent sans les personnaliser les paramètres proposés par les applications. Ce que je fais moi-même ; vu la longueur des textes à approuver, je crois qu'on passerait la moitié de son temps à les lire si on voulait vraiment en comprendre toutes les implications. Par ailleurs, sur un plan éthique, il me semble que, face à cette sacro-sainte vie privée, il y a le devoir de porter secours à autrui. Et donner les noms et numéros de téléphone des personnes qu'on a côtoyées ou qu'on côtoie ne me paraît pas dramatique, nous ne sommes pas dans une dictature.