Historique! Ouvert en 1995 et accumulant la bagatelle de 3,4 milliards d'euros de dettes (137 milliards de francs) depuis son introduction en Bourse en 1997, Amazon, le n°1 mondial du commerce en ligne, vient d'annoncer un bénéfice net de 5,6 millions d'euros (226 millions de francs) pour le dernier trimestre 2001. Un résultat qui, comparé aux 621 millions d'euros de perte affichés un an plus tôt pour la même période, tient du miracle. Reste à voir si l'impétueux patron d'Amazon, Jeff Bezos, qui prévoit une croissance comprise entre 11 et 18% de son chiffre d'affaires pour le premier trimestre de cette année, arrivera à maintenir le cap en dehors des périodes de fête généralement bénéfiques au commerce en ligne.
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Historique! Ouvert en 1995 et accumulant la bagatelle de 3,4 milliards d'euros de dettes (137 milliards de francs) depuis son introduction en Bourse en 1997, Amazon, le n°1 mondial du commerce en ligne, vient d'annoncer un bénéfice net de 5,6 millions d'euros (226 millions de francs) pour le dernier trimestre 2001. Un résultat qui, comparé aux 621 millions d'euros de perte affichés un an plus tôt pour la même période, tient du miracle. Reste à voir si l'impétueux patron d'Amazon, Jeff Bezos, qui prévoit une croissance comprise entre 11 et 18% de son chiffre d'affaires pour le premier trimestre de cette année, arrivera à maintenir le cap en dehors des périodes de fête généralement bénéfiques au commerce en ligne.Moins euphorique et pourtant l'une des rares entreprises de la "nouvelle économie" à avoir dégagé des bénéfices en 2000, Yahoo ! a subi en 2001 un sérieux revers pécuniaire par manque de rentrées publicitaires. Seules solutions pour redresser la barre: réduire des coûts et réorganiser d'une partie de ses services (notamment, le référencment de sites) en mode payant. Un changement de stratégie arrivé tardivement dans l'année, mais qui semble déjà porter ses fruits. Pour le quatrième trimestre, les pertes nettes du célèbre portail se sont, en effet, montées à "seulement" 9,2 millions d'euros (371 millions de francs) contre 111,5 millions (4,5 milliards de francs) un an plus tôt. L'avenir du service en ligne passerait-il donc désormais par le modèle payant ? Faute d'une autre solution, la question est totalement dépassée. Si elles échappent au rachat, le modèle payant est actuellement la seule source de financement pour les sociétés ayant résisté à la débâcle de la "nouvelle économie". Rafraîchis par la déroute des start-up, les investisseurs ne se bousculent plus au portillon. Là où ils dépensaient sans compter voici encore deux ans, ils affichent désormais une pingrerie qu'Harpagon, lui-même, aurait trouvé rosse. Une attitude frileuse, voire néfaste, due essentiellement à une médiocre connaissance du Réseau. En Belgique, après les services providers qui ont définitivement cessé de communiquer sur leurs accès gratuits, c'est aux sites de services d'entamer une ultime mutation aux allures "de marche ou crève". Anciennement kikoo.net, le site petitesannonces.be, en plus d'un nouveau nom, a complètement repensé son mode de fonctionnement. Si la consultation du site reste gratuite, il faudra désormais, pour insérer une annonce, remplir un formulaire et valider la publication en envoyant un SMS. Coût de l'opération: 1 euro par publication. Un tarif que l'internaute habitué au tout gratuit trouvera, sans doute, élevé mais qui reste en dessous des prix pratiqués par les supports traditionnels. Pour Frédéric Peters, licencié en sciences économiques de l'ULB et promoteur du projet, "le fait d'être passé au payant est un gage de sérieux et de qualité de services. En procédant de la sorte, nous créons un filtrage naturel qui évite les annonces parasites inhérentes au tout gratuit. Ainsi, les objets mis en vente sur notre site se situent dans la gamme courante par opposition aux sites d'enchères classiques qui sont plutôt destinés aux collectionneurs". Une argumentation assez semblable est adoptée par les créateurs du site rendez-vous.be. Depuis le 15 janvier, les passionnés de rencontres en ligne doivent y activer leur profil en envoyant, une fois par mois, un message SMS facturé 1 euro. Cette condition une fois remplie, l'utilisateur pourra poster tous les messages qu'il souhaite pendant trente jours. Si les propriétaires espèrent ainsi épurer le site rendez-vous.be des faux profils, le passage au payant permettra surtout d'entretenir les serveurs et les bandes passantes qui demandent des infrastructures de plus en plus importantes. "Nous sommes restés gratuits le plus longtemps possible et demandons le minimum pour assurer une infrastructure réaliste correspondant à la demande." Ce message, en forme de supplique, affiché désormais sur le site, sera-t-il entendu par l'internaute ? La réponse dépendra essentiellement des connexions permanentes (ADSL et câble) qui facilitent la vie de l'utilisateur et lui font voir le Net différemment. Si elles se généralisent, nul doute que celui-ci sera prêt à débourser pour utiliser Internet autrement. Les sites de services auront-ils suffisamment de souffle pour tenir jusque-là? V.G.