J'ai été passionné très jeune par la politique française, mes parents regardaient 7 sur 7 et le JT de TF1 ; moi, sans comprendre, je regardais Le Bébête Show. A 12 ans, j'aurais pu vous dire qui était Michel Rocard et Philippe Séguin, mais j'étais incapable de reconnaîtr...

J'ai été passionné très jeune par la politique française, mes parents regardaient 7 sur 7 et le JT de TF1 ; moi, sans comprendre, je regardais Le Bébête Show. A 12 ans, j'aurais pu vous dire qui était Michel Rocard et Philippe Séguin, mais j'étais incapable de reconnaître Guy Spitaels ou Jean Gol ! Beaucoup de Belges sont comme moi : ils pourraient plus facilement citer la maire de Paris que le bourgmestre de Bruxelles. Et pour cause, il en va de la personnification absolue du paysage politique français. En Belgique, on vote pour un parti ; en France, on vote pour une personne. Si notre méthode semble plus intéressante pour le débat d'idées (si on exclut les dérives de la particratie, tous partis confondus), la technique de nos voisins fait qu'on s'attache ou qu'on déteste des hommes et femmes politiques. Comme on aime ou rejette une star ! Mon travail consistant à traiter ce magnifique théâtre qu'est le paysage politique français, l'idée d'y voir arriver un nouveau personnage me réjouit. En devenant le président de Les Républicains, Laurent Wauquiez intègre le Panthéon. Son léger cheveu sur la langue, sa constance politique qui n'a rien à envier à un tournesol et son entêtement à se faire passer pour un homme de la terre et du peuple, lui qui a vécu entre Lyon et Paris pour finir surdiplômé à l'ENA, me réjouissent déjà. On va rire.