Le rapport alarmiste du Giec vous a permis de suggérer plusieurs pistes de réponses (Le Vif du 19 août): le courage indispensable des politiciens, le fonctionnement améliorable des COP, l'engagement des entreprises et du monde de la finance, la pression des organisations citoyennes, le pouvoir judiciaire aiguillon de l'exécutif et du législatif, la gouvernance de la dynamique améliorée par le "pilotage transversal". En fait, ces propositions évitent d'aborder la question de base: comment dimi...

Le rapport alarmiste du Giec vous a permis de suggérer plusieurs pistes de réponses (Le Vif du 19 août): le courage indispensable des politiciens, le fonctionnement améliorable des COP, l'engagement des entreprises et du monde de la finance, la pression des organisations citoyennes, le pouvoir judiciaire aiguillon de l'exécutif et du législatif, la gouvernance de la dynamique améliorée par le "pilotage transversal". En fait, ces propositions évitent d'aborder la question de base: comment diminuer la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère? Se poser la question permettrait pourtant de mieux agir pour "comment les faire bouger?" (votre titre). Limitons-nous au CO2 : celui-ci provient des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et de l'élaboration du ciment, de l'acier et du plastique. Or, 80% de l'énergie mondiale est fossile, et les trois matériaux concernés sont les plus utilisés au monde. [...] Toutes les alternatives énergétiques, à ce jour, comportent des défauts (les fossiles en ont aussi bien sûr), et ciment, acier, plastique zéro carbone sont à l'état embryonnaire, avec des qualités moindres. De plus, le CO2 se joue des frontières. [...] La durée de vie du CO2 dans l'atmosphère est d'un siècle: la réduction des émissions ne peut donc pas diminuer sa concentration dans l'atmosphère, elle ne peut que retarder son augmentation! [...] Enfin, même si nous devons tous faire des efforts pour lutter contre le gaspillage et les excès, la sobriété imposée et la décroissance prônées par d'aucuns sont des arguments de riches: allez l'expliquer au plus d'un milliard d'êtres humains qui ne disposent ni d'eau potable ni d'électricité. Les solutions sont donc cruelles mais nous devons avoir le courage de les affronter. D'une part, nous devons nous protéger contre les aléas climatiques locaux, plutôt que de tenter de limiter le réchauffement climatique mondial. Cet objectif lointain permet d'ailleurs à certains décideurs de se cacher derrière leur petit doigt: avez-vous vu un plan d'action crédible pour empêcher la prochaine montée de la Vesdre (ou de la Berwinne) de provoquer des dégâts? D'autre part, nous devons trouver des alternatives crédibles aux énergies et matériaux provenant du charbon, du pétrole et du gaz, actuellement relativement abondants et peu coûteux. [...] Ces deux axes de travail, universels, sont fondamentaux pour protéger les populations, maintenir notre bien-être matériel et contribuer à diminuer les inégalités.