Stephan Debusschere
...

Stephan DebusschereDans le prolongement du parc industriel de Namur-Nord-Rhisnes, l'extension en cours d'aménagement de 45 ha consacrée au nouveau parc thématique Ecolys tentera de faire rimer écologie et économie. " Un projet mûrement réfléchi ", insiste Renaud Degueldre, directeur général du Bureau économique de la province de Namur (BEP), dont la branche " Expansion économique " gère les 29 parcs d'activités économiques de la province de Namur qui accueillent 1000 entreprises à ce jour. " Nous pensons que le zoning de demain sera plus qu'un espace de travail, poursuit-il. L'un des enjeux majeurs pour le futur réside dans le fait que la compétition entre territoires et parcs se fera moins sur le prix de vente ou les aides à l'investissement que sur les services et l'image proposés. C'est dans cette optique qu'Ecolys a été pensé. "Ecolys table ainsi sur la propension actuelle des entreprises à soigner leur image et à utiliser l'aura d'un tel zoning pour en faire un argument marketing. Mais pourquoi avoir choisi la thématique de l'écoconstruction ? Pour Renaud Degueldre, les raisons sont évidentes : " Namur est le terreau de plusieurs initiatives dans le domaine de la construction durable ", rappelle-t-il. La Ville est en effet la terre d'accueil de l'ASBL Bois&Habitat qui y organise son salon depuis dix ans et, depuis 2007, un autre salon dédié à l'énergie et à l'habitat. " Namur accueille aussi deux clusters wallons liés à ce secteur, celui de l'écoconstruction et Cap 2020 ", poursuit ce dernier. Il était normal de retrouver ces trois partenaires autour d'Ecolys et de sa future animation. De plus, la région namuroise voit naître et se développer la notion d'habitats groupés et d'écoquartiers. Cette réflexion durable liée à l'habitat doit aujourd'hui être amplifiée et adaptée à l'aménagement de zones d'activité économique et à la construction de bâtiments industriels. Dans un premier temps, l'extension du parc de Rhisnes avait été envisagée notamment pour y développer un complexe commercial. Mais cette affectation allait à l'encontre de l'objectif urbanistique de préservation du tissu commercial du centre-ville de Namur, de sa galerie commerçante à ciel ouvert et du tissu des quartiers de première et de seconde couronnes. Exit donc le projet de centre commercial. A la suite des contacts noués entre le BEP et la Ville, il a été décidé d'orienter le parc vers le développement durable, en poursuivant le concept d'activité thématique . D'une capacité d'accueil de 100 entreprises, Ecolys parie sur la tendance des entrepreneurs à faire le choix de leur implantation non seulement en fonction des services qui y sont offerts mais aussi de son image et de sa philosophie. Et d'en faire, pourquoi pas, un argument marketing en phase, on l'aura compris, avec les thèmes de prédilection de l'échevin de l'Aménagement durable à Namur, Arnaud Gavroy (Ecolo). " Ecolys va dans le sens de notre positionnement en pôle de référence en matière de développement durable, notamment par sa gestion territoriale ", lâchent de concert les concepteurs namurois. La notion d'habitats groupés et d'écoquartiers se verra en effet adaptée à l'aménagement de cette nouvelle zone d'activité économique et à la construction de ses bâtiments industriels. Le découpage d'Ecolys se présente en trois zones distinctes. Une première couvrant 3,77 ha constituera une vitrine de l'écoconstruction avec trois hall-relais à construction passive. Un appel à intérêt sera lancé en octobre auprès de promoteurs souhaitant s'intégrer dans la thématique pour y développer un hôtel et/ou un restaurant. Comme Ecolys se situe dans le prolongement du parc industriel existant, une partie de l'extension, d'une superficie de 4,14 ha, a pour vocation d'accueillir deux ou trois entreprises de type industriel qui devront néanmoins respecter des règles plus strictes liées au développement durable, comme la gestion de l'eau, l'utilisation de l'énergie, la conception architecturale, la mobilité, etc. Un cautionnement est prévu pour pallier le non-respect des règles établies. Ces prescriptions, déclarées entièrement légales, concernent évidemment les entreprises qui s'implanteront dans la troisième zone de 21,39 ha, appelée mixte " généraliste ", consacrée aux activités liées à l'artisanat ou à la petite industrie de production, de transformation et de distribution de produits. La dernière dizaine d'hectares de cette zone accueillera les entreprises spécifiquement actives dans le secteur de l'écoconstruction (bâtiments en bois, économies d'énergie...). Les mauvaises langues diront que ces dernières sont bel et bien en minorité et que l'aspect " vert " d'Ecolys concerne davantage la construction et l'aménagement des bâtiments que leur activité. Au BEP, on tient à préciser d'emblée : " Ecolys se positionne comme un organisme qui accompagne spécifiquement des entreprises à valeur ajoutée. En partenariat notamment avec les universités, nous essayons de faire en sorte que les entreprises candidates soient tirées vers le haut en termes de développement durable. Nous ne voulons pas fermer la porte d'emblée à des entreprises dites classiques. "Si le concept se profile comme un levier économique de la province, on est en droit de se demander si Ecolys ne risque pas de rimer aussi avec élitisme, en tirant vers le haut le prix au m2 pour la vente des espaces. Du côté du BEP, la réponse va de soi : " Ecolys est plus qu'un simple parc offrant des terrains équipés. Compte tenu de l'ensemble des services qui y sont offerts, plus nombreux que dans les autres parcs d'activité traditionnelle, que ce soit en termes d'aménagement paysager ou de mobilité, les tarifs seront forcément plus élevés, à l'image de ceux pratiqués à Créalys. " Où le mètre carré de terrain se vend entre 30 et 35 euros. Pour s'installer à Ecolys, les entreprises devront débourser quelque 40 euros du mètre carré pour l'achat d'un terrain dans la zone mixte accueillant les entreprises " classiques " et celles actives dans l'écoconstruction. Dans la zone d'extension industrielle, ce prix se limitera néanmoins à 35 euros du mètre carré. Reste à savoir si, concrètement, les investisseurs sont séduits par le concept. " Nous sommes en train d'analyser des candidatures ", répond le BEP. Des noms ? Pas pour l'instant. Il faudra attendre l'année prochaine pour en savoir davantage sur l'attrait réel de ce zoning d'un autre type. STEPHAN DEBUSSCHERE " nous ne voulons pas fermer la porte d'emblée aux entreprises dites classiques "