Je buvais récemment un café avec Zelfa Madhloum, alors toujours porte-parole de l'Open VLD (NDLR: qui démissionne, cible de propos racistes sur les réseaux sociaux). Elle me raconta les menaces, les intimidations et les injures qu'elle devait endurer au quotidien. Arrêter son job lui traversait déjà l'esprit. E...

Je buvais récemment un café avec Zelfa Madhloum, alors toujours porte-parole de l'Open VLD (NDLR: qui démissionne, cible de propos racistes sur les réseaux sociaux). Elle me raconta les menaces, les intimidations et les injures qu'elle devait endurer au quotidien. Arrêter son job lui traversait déjà l'esprit. Elle tenait encore le coup parce qu'elle ne voulait pas que ses harceleurs l'emportent. Jusqu'à ce qu'elle fasse savoir qu'elle renonçait à être la porte-parole du parti. Elle n'est plus disposée à mettre en jeu sa santé ni celle de sa famille. Zelfa Madhloum est née à Anvers, ses racines familiales sont en Irak, son nom a quelque chose d'exotique. Cela, et cela seulement, suffit apparemment à certains pour la menacer, la dénigrer, la harceler. Ce n'est pas un cas unique. Tout qui porte un nom étranger, est émancipé et exprime un avis contraire à certains situés à l'extrême droite devient, dans ce pays, la cible de campagnes de haine. Savez-vous ce que c'est? Du pur racisme. [...] Il est concevable qu'il y ait une corrélation entre davantage d'intimidation raciste et le poids politique grandissant de la droite radicale. Les gens aux idées racistes en retirent l'impression que cracher sa haine de l'étranger est admis. Il peut être important de partager sa préoccupation de voir une pile d'albums d'Astérix retirés d'une bibliothèque scolaire de l'Ouest canadien. Mais cela n'exclut pas qu'il soit encore plus important d'oser nommer et combattre, au sein de sa propre communauté, la "cancel culture" très présente dans l'extrême droite.