Le CEO d'ING Belgique considère que le gouvernement serait bien inspiré de supprimer l'obligation faite aux banques de rétribuer les comptes d'épargne à hauteur de 0,11 % minimum et de les autoriser à appliquer un taux zéro. Gageons que ses collègues ne tarderont pas à trouver cette idée géniale ! Ce monsieur ignorerait-il qu'il y a de longues années que les épargnants sont spoliés de la juste rémunération à laquelle ils ont droit parce que le trio infernal qu'un expert éclairé de la finance mondiale appelle " le triangle des Bermudes " - les banques, les banques centrales et les Etats - a décidé de sacrifier les prénommés afin de pouvoir ouvrir toutes grandes les vannes des crédits aux Etats et aux entreprises, rendant par là même inéluctable le prochain krach financier ? " Inéluctable " et inarrêtable, d'ailleurs, puisque, contrairement à ce qui fut le cas en 2008, les Etats, croulant sous des montagnes d'emprunts qui atteignent parfois plusieurs billions d'euros (cfr la France) ne disposeront pas d'un kopeck pour sauver les " pauvres " banques. Mais, au fait, ces banques qui commencent à crier famine sont-elles vraiment si pauvres ? ING Belgique - puisque c'est de son CEO dont il s'agit - a engrangé pas moins de 303 millions d'euros de bénéfices au cours du premier semestre de cette année, et, si je ne craignais pas d'être taxé de médisance, je m'enhardirais jusqu'à oser constater que presque toutes les banques belges viennent de se donner le mot pour augmenter les tarifs de leurs services à qui mieux mieux en invoquant des raisons que même Trump désavouerait. Non, les pauvres banques ne m'arracheront jamais une larme ... et encore moins leurs dirigeants, dont la gloutonnerie indécente frappe bien davantage que le courage, la sagesse et l'honnêteté.