Les élections de 1999 furent celles de Guy Verhofstadt. Celles de 2003 ont été dominées par Steve Stevaert ; celles de 2007, par Yves Leterme. Et en 2009 ? Cela ne fait pas l'ombre d'un doute qu'elles viennent d'être gagnées, avec éclat, par Kris Peeters (CD&V) et Bart De Wever (N-VA). Ceux-ci se dressent au milieu d'un champ de bataille qui compte de nombreuses victimes. Ensemble, ils totalisent 36 % des voix flamandes. Ils devraient, en principe, constituer l'épine dorsa...

Les élections de 1999 furent celles de Guy Verhofstadt. Celles de 2003 ont été dominées par Steve Stevaert ; celles de 2007, par Yves Leterme. Et en 2009 ? Cela ne fait pas l'ombre d'un doute qu'elles viennent d'être gagnées, avec éclat, par Kris Peeters (CD&V) et Bart De Wever (N-VA). Ceux-ci se dressent au milieu d'un champ de bataille qui compte de nombreuses victimes. Ensemble, ils totalisent 36 % des voix flamandes. Ils devraient, en principe, constituer l'épine dorsale du futur gouvernement flamand. Entre-temps, les vaincus pansent leurs blessures. Heureusement pour la Belgique, la carte électorale du Nord prend des couleurs moins sombres que par le passé. Le Vlaams Belang recule de près de 9 % et ne recueille plus que 15,3 % des suffrages. Voici cinq ans, un Flamand sur quatre votait encore pour ce parti, condamné par la justice pour racisme. Quant au populiste Jean-Marie Dedecker, il n'est pas franchement à la fête. Il obtient moins de 8 % des voix. Mais le grand perdant moral des élections est le parti qui, sans interruption, depuis 1999, a fait partie de tous les gouvernements, flamands et fédéraux : l'Open VLD, avec son président, Bart Somers. Le pendant flamand du MR ne représente plus que quelques maigres 15 % de l'électorat et doit se résigner à occuper la quatrième position en Flandre. Somers n'avait d'ailleurs pas d'autre choix que de se démettre de sa fonction, quelques heures à peine après la fermeture des bureaux de vote. Parmi les libéraux flamands, un homme avait de la peine à cacher sa joie : Guy Verhofstadt. Même si son parti a réalisé le pire score de l'après-guerre, " Numero Uno ", lui, jubilait. La liste de l'Open VLD aux européennes, tirée par l'ancien Premier ministre, a obtenu 20,4 % des voix, dépassant de plus de 5 % les résultats obtenus par sa formation aux régionales flamandes. Qui plus est, Verhofstadt a battu le CD&V Jean-Luc Dehaene, son rival, dans la bataille des voix de préférence. Les élections de 2009 pourraient donc être aussi celles de Verhofstadt. Sur l'échiquier politique, l'Open VLD n'est plus vraiment dans la course. Mais son come back kid relève fièrement la tête et se délecte de sa victoire. Petit à petit, aux yeux des Flamands, Guy devient un dieu bleu. Combien de temps cela prendrait-il avant que cette divinité jette son dévolu sur la Belgique ? PETER VANDERMEERSCH Rédacteur en chef du Standaard