Ce genre de document tombé du ciel s'avère plutôt exceptionnel, même si les montants en jeu ne sont pas tous très importants. Première remarque, donc : les soldes des 54 comptes LGT liés à des clients belges oscillent, pour l'année 2002, entre 367 000 euros et 12 millions de dollars. Une trentaine de dossiers concernent des contribuables flamands, les autres se répartissent sur Bruxelles et la Wallonie. Les noms des communes où résident les heureux bénéficiaires de ces fondations n'ont évidemment rien d'étonnant : Laethem-Saint-Mart...

Ce genre de document tombé du ciel s'avère plutôt exceptionnel, même si les montants en jeu ne sont pas tous très importants. Première remarque, donc : les soldes des 54 comptes LGT liés à des clients belges oscillent, pour l'année 2002, entre 367 000 euros et 12 millions de dollars. Une trentaine de dossiers concernent des contribuables flamands, les autres se répartissent sur Bruxelles et la Wallonie. Les noms des communes où résident les heureux bénéficiaires de ces fondations n'ont évidemment rien d'étonnant : Laethem-Saint-Martin, Uccle, Schilde, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel, WezembeekOppem... Au niveau des professions, on retrouve une bonne poignée de diamantaires anversois : environ 10 % de la liste. Pour le reste, ce sont des hommes d'affaires, des industriels, des administrateurs de sociétés. Il y a aussi des pharmaciens, un architecte, un gynécologue, un banquier, un recycleur de ferraille et même une " housewife " (sic), sans doute désespérée depuis que les informations allemandes ont été transmises à l'ISI. Des clients se cachent derrière des pseudonymes. Un des industriels de la liste fait partie du top 10 des plus grosses fortunes belges. Plusieurs des contribuables appartiennent à la grande noblesse belge. Deux des administrateurs de sociétés ont un lien de parenté avec un membre de la famille princière du Liechtenstein. Quelques-uns des dossiers subtilisés à la LGT n'indiquent pas de soldes de compte. Certains ne comportent que le nom du contribuable, une signature et un nom de fondation (Stiftung, en allemand). C'est ainsi que les avocats de certains contribuables mettent en doute le caractère probant des documents. La tâche du fisc n'est pas évidente, car, pour se montrer menaçant, il doit connaître les montants placés au Liechtenstein ainsi que la source des revenus. Du côté judiciaire, les infractions présumées ont été qualifiées de fraude fiscale et de blanchiment : la loi sur le blanchiment stipule que, si l'on rapatrie de l'argent planqué à l'étranger, on commet un nouveau délit. Le délai de prescription en est d'autant plus long. Sur pas mal de documents, la liste des héritiers bénéficiaires de la fondation laisse peu de doute sur les raisons de placer de l'argent au Liechtenstein : échapper aux droits belges de succession, dissimuler ses revenus... Autre donnée qui devrait intéresser la justice : le nom d'intermédiaires, notamment en Suisse ou au Luxembourg. Enfin, plusieurs documents font état de liens avec des sociétés situées dans d'autres paradis fiscaux, comme les îles Vierges britanniques, Panama, Hongkong ou les Bahamas. Mais la justice se donnera-t-elle les moyens de tirer la ficelle jusque-là ? Th.D. et Ph.E.