L es griefs formulés à l'encontre de Georges-Louis Bouchez ces dernières semaines se sont accumulés. Communication à tout crin et parfois à contretemps, retards à répétition, méconnaissance des dossiers. Aux critiques émanant de partenaires irrités lors du sprint final des négociations de la coalition Vivaldi se sont ajoutées celles de la famille libérale: hyperprésidence, misogynie, népotisme. Les choix désastreux et individuels du jeune président lors du casting ministériel - éviction puis réintégration de Valérie De Bue, nomination de Mathieu (frère de et fils de) Michel - ont mis le feu aux poudres d'une situation déjà expl...

L es griefs formulés à l'encontre de Georges-Louis Bouchez ces dernières semaines se sont accumulés. Communication à tout crin et parfois à contretemps, retards à répétition, méconnaissance des dossiers. Aux critiques émanant de partenaires irrités lors du sprint final des négociations de la coalition Vivaldi se sont ajoutées celles de la famille libérale: hyperprésidence, misogynie, népotisme. Les choix désastreux et individuels du jeune président lors du casting ministériel - éviction puis réintégration de Valérie De Bue, nomination de Mathieu (frère de et fils de) Michel - ont mis le feu aux poudres d'une situation déjà explosive. Des propos durs ont été tenus parmi lesquels "despotes", "clans mafieux", "confiance rompue". Des appels à faire tomber la tête du président ont été lancés. Et pourtant. Quelques jours plus tard et à l'issue d'une séance de grand pardon et de catharsis collective, les bleus ont choisi "d'introduire plus de collégialité dans la prise de décisions", "d'encadrer", "de recadrer" leur président - chacun utilisant le terme qui lui semble le plus adéquat - et de se ranger derrière son enfant terrible. "Car c'est le meilleur d'entre nous", dixit la version officielle. Mais surtout parce que: Un, il n'y pas d'alternative. Les usual suspects du MR déjà approchés en vue de l'élection de la présidence du parti en novembre 2019 continuent à décliner fermement l'honneur potentiel. Qui plus est, les statuts actuels ne permettent pas un tel remplacement. Deux, entourer le jeune et fougueux Montois d'une garde rapprochée était prévu depuis le début de sa présidence. Ils devaient être quatre. Cela ne s'est pas fait. Ils seront désormais dix à le cornaquer. Trois, le timing est catastrophique. Le gouvernement De Croo Ier vient tout juste de prêter serment et entend véhiculer une image de son action politique volontariste, positive, tournée vers demain. Avancer avec sept partis autour de la table entraîne déjà un risque accru de lenteur. Ajouter à cet état de fait un partenaire qui se déchire autour d'une présidence de parti et ce serait l'immobilisme total. Voilà donc aussi pourquoi Georges-Louis Bouchez a obtenu une deuxième chance. Qu'il devra mettre à profit pour renouer la confiance au sein du parti et entre les clans qui le lézardent. Avec les fédérations locales et les entités fédérées aussi. Ce ne sera pas une mince affaire. Certaines blessures sont profondes et laisseront des traces. Des chausse-trappes seront semées sur son parcours, c'est sûr. La fuite autour de certaines de ses dépenses de campagne - compensées et régularisées, explique-t-il - n'en est que la première illustration. Mais quoi qu'il en soit, cette seconde chance, Georges-Louis Bouchez ne peut la gaspiller. Car maintenant il est l'heure pour Alexander Ier et ses équipes d'entamer leurs 12 travaux (lire page 10). Parmi lesquels: le contrôle de la crise sanitaire avec une épidémie qui repart à la hausse et la situation qui se tend dans une série d'hôpitaux (lire page 48), la relance économique et le défi climatique.Pour ces enjeux-là, il n'y aura pas de deuxième chance.