Si la disponibilité de terrains est un des points forts de la Wallonie, ce n'est pas une raison pour gaspiller l'espace comme on l'a trop fait dans le passé. On peut encore voir, dans les zonings plus anciens, des entreprises posées au beau milieu d'immenses parcs de verdure. " Le constat est qu'en termes de densité d'emplois nous en sommes à environ 17 emplois à l'hectare en Wallonie pour, par exemple, 46 aux Pays-Bas ", analysait récemment devant le parlement wallon le ministre de l'Aménagement du territoire, Philippe Henry (E...

Si la disponibilité de terrains est un des points forts de la Wallonie, ce n'est pas une raison pour gaspiller l'espace comme on l'a trop fait dans le passé. On peut encore voir, dans les zonings plus anciens, des entreprises posées au beau milieu d'immenses parcs de verdure. " Le constat est qu'en termes de densité d'emplois nous en sommes à environ 17 emplois à l'hectare en Wallonie pour, par exemple, 46 aux Pays-Bas ", analysait récemment devant le parlement wallon le ministre de l'Aménagement du territoire, Philippe Henry (Ecolo). En juin dernier, le gouvernement a décidé de revoir le plan prioritaire d'implantation de zones d'activités économiques (ZAE) décidé par le gouvernement précédent. Une partie de ce plan, portant sur 15 sites et 822 hectares, a été validée. Mais, pour le reste, une nouvelle évaluation des demandes a été enclenchée, qui devait tenir compte des besoins réels d'espace des entreprises, des impacts que les projets pouvaient avoir sur l'agriculture ou l'habitat, et de la meilleure localisation possible en termes de mobilité, d'accessibilité, de transport (en encourageant la multimodalité route-fer-eau quand cela était possible). " Nous devons répondre de la manière la plus adéquate possible aux besoins des entreprises par une offre de terrains de qualité en quantité suffisante et dans un objectif d'utilisation parcimonieuse du sol ", explique Jean-Claude Marcourt (PS), ministre de l'Economie. Cette évaluation vient de conduire à un nouveau feu vert accordé pour 840 hectares répartis en 26 sites : 10 en province de Liège (pour 403 hectares), 8 en Hainaut (198 ha), 6 en province de Namur (175 ha), 2 au Luxembourg (41 ha) et 1 en Brabant wallon (23 ha). Une surface de 50 hectares sera accordée d'ici à la fin de l'année à l'intercommunale Igretec (Charleroi) sur un ou des sites localisés au sud de l'autoroute E42. Une façon sans doute de tenter de désamorcer la grogne des Carolos, dont les zonings sont occupés à près de 100 %, record absolu, et qui avaient présenté deux projets (pour près de 300 hectares) au nord de l'autoroute. Ils ont été rejetés, comme d'autres, parce que leur réalisation se serait faite au détriment de terres agricoles. La responsable du service Développement territorial d'Igretec n'a pas souhaité commenter cette décision. Une deuxième phase d'évaluation devrait déboucher fin mars sur la reconnaissance de 406 hectares supplémentaires, ce qui portera le total à 2 118 hectares... qui ne seront toutefois pas disponibles du jour au lendemain : il faut compter dix-huit mois pour la révision du plan de secteur, à quoi s'ajoutent les procédures et les travaux d'équipement. MICHEL DELWICHE