Venu à Bruxelles pour sa dernière exposition, le photographe Roger Ballen ne cachait pas son amertume quant à l'état du secteur culturel à travers le globe. Selon lui, l'époque où les artistes pouvaient espérer une aide du secteur public est révolue, et le consta...

Venu à Bruxelles pour sa dernière exposition, le photographe Roger Ballen ne cachait pas son amertume quant à l'état du secteur culturel à travers le globe. Selon lui, l'époque où les artistes pouvaient espérer une aide du secteur public est révolue, et le constat vaut également pour les musées. Conséquence : le privé prend la main. Parmi les signes visibles de ce grand renversement, on pointera l'émergence de " mégagaleries " partout dans le monde. L'exemple le plus significatif ? A New York, ville qui concentre les projets démesurés, le galeriste Marc Glimcher a inauguré, début septembre, un bâtiment de 7 000 m2 au coeur de Chelsea. Avec ses huit étages, sa librairie et sa terrasse de 450 m2, la Pace Gallery donne le vertige. Les collaborateurs ? Comme par hasard, des transfuges du MoMA, Oliver Shultz et Michaëla Mohrmann. Il y a tout à penser que cette initiative donne le la des volumes d'exposition à venir : la galerie Hauser & Wirtz ouvrira sous peu 1 500 m2 à Minorque, tandis que, toujours à New York, David Zwirner s'installera dans un bâtiment de cinq étages signé Renzo Piano. Et la Belgique ? Lentement mais sûrement elle s'adapte, comme en témoigne la Tim Van Laere Gallery dont le nouvel emplacement affiche une superficie de 1 000 m2, soit cinq fois la taille de la galerie précédente.