Xavier Musschoot, Belgrade, par courriel
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Xavier Musschoot, Belgrade, par courrielGéologue de formation et conseiller en environnement, j'ai été étonné de lire le contenu du courriel intitulé " le lobby anti-CO2 vous trompe " paru au Forum des lecteurs dans l'édition du 1/10/2010. Bien qu'il soit vrai que les rapports scientifiques, dont ceux du Giec, sont difficiles à comprendre, et que la vague " anti-CO2 " puisse donner l'impression d'un puissant lobby, il me semble que l'analyse faite dans le courriel souffre d'un manque de données. Les variations climatiques observées sur notre planète, et leurs causes naturelles possibles, sont bien reconnues et enseignées dans de nombreuses universités du monde. Au-delà de l'interprétation qui peut être faite des données climatologiques et géologiques, certains fondamentaux semblent avoir été négligés dans le raisonnement présenté : 1. Notre planète est un système en équilibre : comme tout système, il peut supporter des modifications, mais au-delà d'un certain nombre, il doit " se modifier " pour atteindre un nouvel équilibre ; 2. Nous exploitons et brûlons une grande quantité de combustibles (charbon, pétrole, gaz), ce qui engendre une émission importante de CO2. Ces combustibles n'auraient naturellement pas engendré d'émission de CO2 sans intervention humaine. La contribution de l'homme à l'augmentation de la concentration en CO2 dans l'atmosphère ne peut donc pas faire l'objet de discussion ; 3. Une augmentation en CO2 dans l'air implique une augmentation de la température de cet air (physiquement démontré), ce qui implique qu'un changement climatique peut être observé lorsque la concentration en CO2 de l'atmosphère est modifié ; 4. L'échelle de temps des changements climatiques naturels se compte en dizaines de milliers d'années (voir les cycles de Milankovitch) et non en 200 ans. La question qui se doit alors d'être posée est la suivante : " L'excès d'émission de CO2 dans l'atmosphère, dû à l'homme, est-il susceptible de modifier le système Terre (soit d'engendrer des changements climatiques) ? ". La réponse à cette question est apportée par la communauté scientifique via le Giec : les émissions de CO2 par l'homme dans l'atmosphère sont susceptibles de modifier le système Terre de manière plus ou moins forte (des modifications sont d'ailleurs actuellement observées : fonte des glaciers et de la banquise, par exemple). En conclusion, les " anti-CO2 " ne nous trompent pas et notre planète subit déjà l'influence de l'activité humaine. Pour les personnes qui souhaitent s'informer plus avant, je conseille les informations vulgarisées du site Internet www.climat.be et, pour les plus motivés, le site Internet de Jean-Marc Jancovici (www.manicore.com) ou un de ses livres. Xavier Musschoot, Belgrade, par courriel