Il suffit de regarder les photos de groupe. Celles des chefs d'Etat européens en fin de sommet. Ou celles du G20... Cherchez les femmes : elles sont encore moins nombreuses que les fameux 90 % (1). Chez nos bourgmestres, la distribution des genres est pratiquement identique. En Flandre et en Wallonie, près de 87 % des bourgmestres sont des hommes (2). A Bruxelles, elles sont deux mayeures sur 19 communes.
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Il suffit de regarder les photos de groupe. Celles des chefs d'Etat européens en fin de sommet. Ou celles du G20... Cherchez les femmes : elles sont encore moins nombreuses que les fameux 90 % (1). Chez nos bourgmestres, la distribution des genres est pratiquement identique. En Flandre et en Wallonie, près de 87 % des bourgmestres sont des hommes (2). A Bruxelles, elles sont deux mayeures sur 19 communes.Ces chiffres ne sont pas nouveaux. C'est pour ça, parce qu'ils ne bougent pas d'un iota, qu'une élue bruxelloise, Assita Kanko, a réuni cette semaine la première session de son incubateur Polin : une journée de rencontres de femmes (et quelques hommes) politiques de tous bords pour aider celles qui ont envie de se lancer en politique. Assita Kanko ? On la connaît pour son franc-parler de conseillère communale ixelloise, mais aussi pour ses activités de twitto et d'écrivaine. A son actif, notamment, Parce que tu es une fille. Histoire d'une vie excisée, ouvrage dans lequel elle témoigne des mutilations génitales qu'elle a subies. Car Assita, talons hauts et vernis à ongles aux couleurs de son parti (MR), qui écrit ses chroniques pour De Standaard directement en néerlandais, a grandi au Burkina Faso. Est-ce parce qu'arriver d'un pays lointain en terre ultramasculine (celle de la politique) la pénalise deux fois qu'elle cherche à définir les codes de la carrière et à constituer ce sur quoi les élus peuvent compter depuis longtemps : un réseau, mais féminin cette fois ? C'est en assistant aux Journées nationales des femmes élues en France, en 2016, que lui vient l'idée d'organiser à Bruxelles des rencontres destinées à " créer du lien " entre les femmes des différents partis. " La plupart du temps, elles ne se parlent même pas ", déplore l'organisatrice. Qui résout l'éternelle équation linguistique belge en localisant son événement dans les locaux de la Banque nationale, équipés du dispositif de traduction de et vers les trois langues nationales. Les élues germanophones exultent : elles n'ont jamais l'occasion de s'exprimer dans leur langue ! L'autre trait de génie, c'est l'affiche. Y figurait une jolie brochette d'élues (les présidentes de parti Zakia Khattabi, Meyrem Almaci et Gwendolyn Rutten ; la ministre wallonne des Pouvoirs locaux Valérie De Bue, la présidente du Sénat Christine Defraigne et, lors du cocktail de clôture, la ministre fédérale du Budget Sophie Wilmès. Des presque sages (Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet), des vieilles de la vieille (Miet Smet et Sabine Laruelle) et même une ministre en congé de maternité (Zuhal Demir). Quelques guest-stars internationales, dont un homme : Thorsteinn Viglundsson : celui qui a imposé l'égalité salariale en Finlande. Comme quoi, c'est possible...