La gender fatigue, vous connaissez ? Cette espèce de lassitude qui vous fait penser que " les femmes, elles vont pas encore venir nous emmerder : elles ont déjà tout "... Pourtant, arrêtez de croire que la féminisation de la société est juste un terrain à céder par courtoisie à la moitié de l'humanité dont, peut-être, vous ne faites pas partie.
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La gender fatigue, vous connaissez ? Cette espèce de lassitude qui vous fait penser que " les femmes, elles vont pas encore venir nous emmerder : elles ont déjà tout "... Pourtant, arrêtez de croire que la féminisation de la société est juste un terrain à céder par courtoisie à la moitié de l'humanité dont, peut-être, vous ne faites pas partie. Selon une étude européenne de 2010 portant sur 600 entreprises financées par le capital-investissement, celles dirigées par des femmes affichaient un résultat supérieur de 12 % en moyenne. Tout en consommant un tiers de capital en moins, si si. Une autre étude, toujours européenne mais plus récente, affirme que si le taux d'activité des femmes (en matière d'emploi mais aussi d'heures de travail) était égal à celui des hommes, le PIB de la Belgique bondirait de 26 % ! Soit 5 000 euros par tête de pipe par an en plus, tout de même. Alors, si on cessait de voir la numérisation de la société, la quatrième révolution industrielle ou la décentralisation de la production d'énergie comme les seuls leviers de croissance ? La mine d'or, elle est là ! Non, " la féminisation de la société n'est pas une bonne action, déclarait il y a quelques jours le tandem (paritaire en termes de genre) de chefs d'entreprise français qui chapeaute le think tank Entreprise & Progrès. " C'est un investissement stratégique qui doit être évalué et mesuré en tant que tel. Aider les femmes à prospérer, à déployer leur carrière, c'est conduire un vrai projet de croissance ", écrivaient-ils sur le site Challenge.fr. Et il y a du boulot. Dans son dernier rapport sur l'égalité, le World Economic Forum classe la Belgique en 24e position. Mais lorsqu'on y regarde de plus près, dans la colonne " chance pour les femmes d'accéder au top management ", notre pays est 60e ! Pas terrible, hein ? Alors que 60 % des diplômés universitaires sont des filles, les femmes ne représentent que 29 % des membres des conseils d'administration. Pour rappel, depuis le 1er janvier dernier, la loi oblige les entreprises à respecter les 33 % de femmes dans les CA. Et Dominique Leroy, patronne de Proximus, reste la seule CEO du Bel 20. On dit que les nanas feraient preuve de plus de souplesse et d'adaptabilité. Qu'elles pratiqueraient plus naturellement le management inclusif et mobiliseraient leur intelligence émotionnelle avec plus de facilité. A voir. On connaît des chefs d'équipe solidaires et intuitifs. Des manageurs sensibles et des manageuses autistes. Les uns n'ont pas le monopole du masculin, les femmes celui du féminin. Ce qui est sûr, c'est qu'ils fonctionnent mieux ensemble. Peut-être parce qu'ils appréhendent alors la totalité des attentes de leurs clients, de leur marché. Comme on voit mieux avec deux yeux. Comme le son est meilleur en stéréo. Les hommes et les femmes ne sont pas faits pareil mais ils peuvent faire pareil. par Béa Ercolini