Les fédérations sportives se frottent les mains. Pour gagner de juteuses parts de marché, les fabricants de jeux vidéo sportifs sont désormais obligés de payer. Même si les montants de ces droits vidéo n'atteignent pas les sommes astronomiques déboursées par les télés, le phénomène prend de l'ampleur. Une douzaine de fabricants veulent développer un jeu estampillé UEFA. "Nous sommes en bonne position pour faire grimper les prix, mais nous choisirons le p...

Les fédérations sportives se frottent les mains. Pour gagner de juteuses parts de marché, les fabricants de jeux vidéo sportifs sont désormais obligés de payer. Même si les montants de ces droits vidéo n'atteignent pas les sommes astronomiques déboursées par les télés, le phénomène prend de l'ampleur. Une douzaine de fabricants veulent développer un jeu estampillé UEFA. "Nous sommes en bonne position pour faire grimper les prix, mais nous choisirons le projet le plus abouti", explique-t-on à la direction du sponsoring de l'Union européenne de football. Surtout, le plus rentable. Le prix d'une telle licence? "C'est confidentiel", affirme, comme tous ses confrères, Philippe Sauze, directeur de la filiale française d'Electronic Arts (EA). Leader sur le marché mondial, EA a acheté la licence de la Fédération internationale de football (FIFA) afin de commercialiser son jeu FIFA 2002, et offert un contrat à Thierry Henry pour qu'il devienne l'ambassadeur de la marque dans l'Hexagone. En Belgique, et bien qu'il n'officie plus sous la vareuse des Mauves depuis le début de cette année, c'est Tomasz Radzinski, aujourd'hui sous contrat avec le club anglais d'Everton, qui rehausse de sa présence la pochette du jeu. Sony, de son côté, a passé un accord avec la Champions League anglaise et le championnat du monde des rallyes (WRC), tandis que l'entreprise britannique Eidos, productrice de Tomb Raider, vient de décrocher l'exclusivité pour lancer un jeu sur les J.O. d'hiver de 2002, à Salt Lake City. "Une licence permet de vendre un minimum de jeux, explique-t-on chez Konami, un fabricant japonais qui réalise près de 30% de son activité dans le sport. C'est une garantie commerciale." Jusqu'à récemment, Konami était l'un des rares à ne pas avoir signé de contrat avec des stars du ballon rond. Alors, on "bricolait": sur l'écran, Zidane était "Ziderm", et Anelka, "Anilkar". Konami a récemment signé un accord avec le syndicat international des footballeurs professionnels (FIFPro). Résultat: dans son nouveau jeu, Pro Evolution Soccer, Zizou s'appelle bien Zidane. Une petite modification aux effets fulgurants. Depuis novembre, Konami a déjà vendu 140 000 exemplaires de son championnat virtuel... Paul Miquel Légende: Thierry Henry, ambassadeur d'Electronic Arts, leader sur le marché du jeu vidéo sportif.