Cela fait aujourd'hui presque un an que nous vivons sous l'emprise de la pandémie du coronavirus. Depuis le premier confinement, en mars 2020, les mesures successives ont restreint peu ou prou nos libertés, et l'enthousiasme d'avoir surmonté la première vague a rapidement été mitigé lorsque la deuxième a commencé à se dessiner dans le courant de l'été, bientôt suivie de la menace d'une troisième. Tout au long de l'année 2020, les regards sont restés braqués sur les chercheurs et les firmes pharmaceutiques. Parviendraient-ils à développer des vaccins efficaces? En novembre, soulagement général: Pfizer-BioNTech et Moderna ont publié les ré...

Cela fait aujourd'hui presque un an que nous vivons sous l'emprise de la pandémie du coronavirus. Depuis le premier confinement, en mars 2020, les mesures successives ont restreint peu ou prou nos libertés, et l'enthousiasme d'avoir surmonté la première vague a rapidement été mitigé lorsque la deuxième a commencé à se dessiner dans le courant de l'été, bientôt suivie de la menace d'une troisième. Tout au long de l'année 2020, les regards sont restés braqués sur les chercheurs et les firmes pharmaceutiques. Parviendraient-ils à développer des vaccins efficaces? En novembre, soulagement général: Pfizer-BioNTech et Moderna ont publié les résultats extrêmement prometteurs des essais de phase III réalisés avec leurs nouveaux vaccins. La même semaine, Bodytalk lançait une enquête en ligne pour demander à ses lecteurs s'ils étaient prêts à se faire immuniser. 2926 Belges y ont répondu - un échantillon majoritairement hautement qualifié, composé de 56% de francophones et 44% de Flamands, avec environ autant d'hommes que de femmes et plus de 50% de plus de 50 ans. Alors que 85% des répondants flamands se disent favorables à la vaccination, ce n'est le cas que de 66% des francophones. Les premiers sont aussi nettement plus nombreux que les seconds à attendre leur piqûre avec impatience (70% des Flamands aimeraient la recevoir immédiatement ou dans les trois mois à venir, contre seulement la moitié des francophones). D'après notre enquête, le Sud du pays se montre donc nettement moins enthousiasmé par les vaccins contre le coronavirus, mais aussi plus méfiant vis-à-vis des autorités, des chiffres officiels et des virologues qui s'expriment dans les médias. "Les deux aspects sont liés, affirme le Pr Jean-Michel Dogné, professeur de pharmacologie à l'université de Namur et expert rattaché à la task force covid fédérale, qui a accepté de commenter ces résultats par téléphone. Le vaccin est recommandé par les autorités. Ce ne sont pas les médecins qui appellent les gens à se faire immuniser, mais les ministres... et la sauce prend donc logiquement moins bien en Belgique francophone, où le monde politique et les autorités jouissent globalement - comme en France - d'une confiance plus limitée. Les soignants vont donc jouer un rôle-clé dans la réussite de la campagne de vaccination." Pourtant, il accueille aussi ces résultats avec un certain optimisme. La vaccination a le vent en poupe parce qu'elle nous apparaît comme une lumière au bout du tunnel. Nous voulons pouvoir nous embrasser, faire la fête, faire du shopping entre amis sans prise de tête, aller au resto, faire du sport ensemble... et la vaccination, c'est notre porte de sortie. Il n'y a d'ailleurs pas que chez nous qu'elle est attendue avec impatience: d'après une grande enquête du bureau d'enquête international Ipsos, trois quarts des adultes à travers le monde veulent se faire immuniser. Nous n'avons qu'une envie, oublier 2020 le plus rapidement possible et retrouver notre vie d'avant... Quant à savoir si les vaccins vont vraiment combler ces espérances, les mois à venir nous le diront.