11 février

Dans quelques jours, il dévoilera sa candidature. Nicolas Sarkozy accorde une interview au Figaro Magazine. Le principe d'une campagne, penser une chose, faire le contraire ? " Jamais je ne ferai un référendum, jamais ! Le référendum, c'est fait pour emmerder le pouvoir ", disait Nicolas Sarkozy il y a quelques mois. Le référendum sera donc l'une de ses propositions majeures de la campagne.
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Dans quelques jours, il dévoilera sa candidature. Nicolas Sarkozy accorde une interview au Figaro Magazine. Le principe d'une campagne, penser une chose, faire le contraire ? " Jamais je ne ferai un référendum, jamais ! Le référendum, c'est fait pour emmerder le pouvoir ", disait Nicolas Sarkozy il y a quelques mois. Le référendum sera donc l'une de ses propositions majeures de la campagne. Lorsqu'elle entend son père citer un poème de l'écrivain collaborationniste Robert Brasillach, Marine Le Pen comprend tout de suite que la presse va en faire ses choux gras. A Lille, la candidate réunit ses conseillers dans sa loge du palais des congrès pour préparer une riposte politique. " Il fallait étouffer l'affaire ", admet un proche. Deux heures plus tard, lors d'une rencontre informelle avec la presse, Marine Le Pen annonce d'emblée sa volonté de porter plainte contre des enseignes de la grande distribution d'Ile-de-France pour " tromperie " sur la viande halal. Le coup était en préparation depuis quelques jours, mais il n'était pas prévu de le dégainer aussi vite, pour contrerà Jean-Marie Le Pen ! Ça chauffe à l'Elysée. Le président-candidat a visité Rungis à l'aube, pour y déclarer que " la polémique [sur la viande halal] n'avait pas lieu d'être ". Or son conseiller en stratégie Patrick Buisson n'était pas au courant de la visite, totalement improvisée. Il cherche le coupable qui ne l'a pas informé. Dix jours plus tard, le chef de l'Etat dira l'inverse de ce qu'il a déclaré ce matin-là. Eva Joly est en Corse. Chapeautée par l'eurodéputé François Alfonsi, maire de la commune d'Osani, elle participe à une fête sur la plage de Girolata, non loin du village dirigé par Alfonsi. Ce dernier, membre du Parti de la nation corse, compte un bon nombre d'amis nationalistes, dont certains ont frayé avec l'illégalité. Mais, ici, Joly n'est pas là pour faire la police. Elle s'amuse beaucoup du SMS d'un Corse, reçu par un autre autochtone, qu'on lui fait lire ce soir-là : " C'est bien la première fois que je vais voter pour un juge ! "Nicolas Sarkozy rentre d'un meeting à Bordeaux, avec quelques ministres. Dans l'avion, son épouse est dithyrambique : " Quel discours ! Tu m'as fait vibrer, c'était géant, magiqueà Et quelle énergie tu as ! J'en tremblais. " De longues minutes de compliments enflammés, le président-candidat exulte. Comme quoi, une campagne, ce n'est pas que de la haine ! Trois semaines plus tôt, après avoir reçu le livre de Jean-Pierre Raffarin ( Je marcherai toujours à l'affectif), il a téléphoné puis fait porter un mot à l'ancien Premier ministre : " Tu sais que, moi aussi, j'ai besoin d'affectif. C'est mon côté Raffarin ! " Nicolas Sarkozy s'affiche, à Valenciennes, au côté de Jean-Louis Borloo. " Borloo ? No use ! " confiait-il encore au début de février. Dans la voiture qui ramène Michel Sapin d'un meeting à La Chapelle- Saint-Luc, dans l'Aube, un portable sonne. S'affiche un numéro qu'il ne connaît pas. " Allô ? Ah, salut François ! " Le ministre des Finances, François Baroin, patron de l'UMP dans le département, salue son adversaire. Toute la soirée, ses collaborateurs ont cherché le numéro du responsable du projet présidentiel de Hollande. On avait fini par l'oublier : même pendant une campagne présidentielle, il existe une tradition que l'on qualifie de républicaine.