Valérie aurait dû être quelque part entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Croisière annulée, comme cinq autres qu'elle avait réservées ces trois derniers mois. " C'est une addiction ", la Française l'admet volontiers. Plus de 60 voyages en paquebot réalisés depuis 20 ans, et un rythme actuel oscillant entre cinq et dix par an. " Le premier bateau qui part, je serai dedans ! "
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Valérie aurait dû être quelque part entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Croisière annulée, comme cinq autres qu'elle avait réservées ces trois derniers mois. " C'est une addiction ", la Française l'admet volontiers. Plus de 60 voyages en paquebot réalisés depuis 20 ans, et un rythme actuel oscillant entre cinq et dix par an. " Le premier bateau qui part, je serai dedans ! " Début août, espère-t-elle. Les principaux armateurs n'ont pas encore relancé leurs activités. Les bateaux MSC resteront à quai jusqu'au 31 juillet. Idem pour ceux du groupe Costa, qui avait initialement envisagé de reprendre ses activités fin juin, mais qui a dû se résoudre à attendre un mois supplémentaire en raison de la réouverture, partielle, de certains ports, et des restrictions de voyage toujours en vigueur. " Les réservations recommencent depuis quinze jours ", assurait fin mai dans la revue spécialisée CruiseMag Eric Collange, directeur commercial de CroisiEurope, qui naviguera à nouveau dès le 15 juillet. Avec combien de voyageurs à bord ? Moins qu'à l'accoutumée, d'abord car les bateaux devront revoir leurs taux de remplissage à la baisse, comme les hôtels. Ensuite parce que les péripéties des navires bloqués à quai durant la pandémie n'ont pas nécessairement fait du bien à l'image. L'Artania mis en quarantaine en Australie après que 80 passagers ont été testés positifs, le Diamond Princess bloqué un mois au Japon avec 700 cas de Covid-19 à bord, le Costa Magica empêché d'accoster dans les Antilles, comme le Coral Princess en Amérique latine... Et dire que l'Association internationale des compagnies de croisières (Cruise Line International Association) s'attendait à ce que ses membres transportent 32 millions de personnes en 2020... Pour rassurer, les acteurs du secteur comptent intégrer plusieurs changements : des séjours plus proches, déjà. CroisiEurope, comme Ponant, ont par exemple créé de nouveaux circuits en France. A bord de toutes les compagnies, désormais, fini les buffets, le service se fera uniquement à table, des flux de circulation seront indiqués dans les couloirs, le nombre de participants sera restreint par bus lors des excursions. Certains envisagent même des technologies de réalité virtuelle pour les remplacer ! " Les paquebots avaient déjà des normes d'hygiène très strictes, note Christophe, un autre addict des croisières. On devait remplir un questionnaire de santé avant l'embarquement, il y avait des distributeurs de gel hydroalcoolique, les parties communes et les restaurants étaient désinfectés régulièrement... " " Des mesures sanitaires avaient déjà été prises suite au H1N1 ", confirme Valérie, qui affirme faire totalement confiance aux armateurs. " Puis cette crise sanitaire pourrait aussi être un mal pour un bien ! Il est peut-être temps de mettre fin aux trop gros bateaux de 8 000 personnes... On va en ressortir grandis, tous ! " Parole de fan.